En déplacement vendredi au Salon du livre de Paris, Emmanuel Macron a pris position dans la crise qui traverse actuellement le secteur de l’édition. Le chef de l’État a jugé « très important d’exprimer » et de « défendre » le pluralisme éditorial, rappelant l’attachement français à « la liberté des auteurs » et au rôle des maisons d’édition. Interrogé sur l’idée d’une éventuelle clause de conscience pour les auteurs, le président a estimé qu’il s’agissait d’un sujet « qui doit se réfléchir », sans s’engager davantage.
Évoquant des acteurs historiques comme Gallimard ou Grasset, il a insisté sur leur dimension patrimoniale, estimant qu’un catalogue éditorial constitue « une histoire littéraire » et que l’éditeur ne se réduit pas à une fonction technique, mais incarne « un esprit » et « une chaîne humaine ».
Ces déclarations interviennent alors que le départ d’Olivier Nora, à la tête de Grasset depuis plus de vingt-cinq ans, a provoqué une réaction inédite d’une partie des auteurs de la maison. Près de 170 écrivains ont annoncé leur intention de ne plus y publier de nouveaux ouvrages, dénonçant une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale ». Plusieurs d’entre eux mettent en cause l’influence de Vincent Bolloré, actionnaire du groupe Hachette auquel appartient l’éditeur.
