Mis en cause dans plusieurs affaires, Patrick Bruel écarté des prochains Enfoirés

Figure historique des Enfoirés depuis plus de trente ans, Patrick Bruel a annoncé qu’il ne participerait pas à la prochaine édition du spectacle au profit des Restos du cœur. Une décision prise alors que le chanteur et comédien est visé par plusieurs plaintes pour viols en France et une enquête pour agression sexuelle en Belgique, des accusations qu’il conteste.

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Les Enfoirés, On A 35 Ans, A L’arkena Arena A Bordeaux le 20 Janvier 2024. © SYLVIE GROSBOIS / GASTON BERGERET / RESTOS DU COEUR
Les Enfoirés, On A 35 Ans, A L’arkena Arena A Bordeaux le 20 Janvier 2024. © SYLVIE GROSBOIS / GASTON BERGERET / RESTOS DU COEUR

Patrick Bruel ne montera pas sur la scène des Enfoirés en janvier prochain. Les Enfoirés ont confirmé à Mediapart que le chanteur « ne fera pas partie de la troupe des Enfoirés en janvier prochain ». Quelques heures plus tard, Patrick Bruel annonçait lui-même son retrait dans un message adressé aux autres membres du collectif, une prise de parole interprétée par certains comme une manière de reprendre la main sur une décision déjà actée par les Enfoirés.

Selon RTL, l’artiste a expliqué vouloir éviter que sa situation judiciaire n’affecte l’image de l’association fondée dans le sillage de l’action de Coluche. « Compte tenu des circonstances, j’ai décidé de ne mettre aucune ni aucun d’entre vous dans un quelconque embarras », aurait-il écrit, avant d’exprimer l’espoir de retrouver la troupe « lorsque la justice aura prouvé [son] innocence ».  Selon un décompte des Enfoires, Patrick Bruel a participé 33 fois aux Enfoirés, a enregistré 6 chansons (en studio), a interprété 226 chansons (chant), a participé à 25 sketchs (sketch, divers), a joué 13 chansons (musique) et a accompagné 269 chansons (chœurs, figuration).

Patrick Bruel faisait partie des piliers des Enfoirés. Présent depuis 1993, il a participé à la quasi-totalité des spectacles organisés au profit des Restos du cœur. Son absence intervient alors que plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours à son encontre en France et en Belgique. Depuis les révélations publiées par Mediapart en mars 2026, une trentaine de femmes l’ont accusé de violences sexuelles et sexistes dans différents médias. Plusieurs procédures sont ouvertes à Paris pour viol et tentative de viol, à Saint-Malo pour viol, ainsi qu’en Belgique pour agression sexuelle. Les procédures françaises sont actuellement en cours de centralisation au parquet de Nanterre. Patrick Bruel conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés et bénéficie de la présomption d’innocence.

Une contestation qui s’étend au-delà des tribunaux

Les accusations visant le chanteur ont progressivement gagné la sphère publique et culturelle. Plusieurs responsables politiques, notamment les maires de Paris et de Marseille, ont récemment appelé à ce qu’il renonce à se produire dans leurs villes. Au Canada, trois concerts programmés en décembre au Québec ont été annulés. En France, la mobilisation s’est également invitée dans les salles de spectacle.

Mercredi soir, une représentation de la pièce Deuxième Partie, dans laquelle Patrick Bruel tient l’un des rôles principaux au théâtre Édouard VII à Paris, a été brièvement interrompue par des militantes du collectif féministe Nous Toutes. Les manifestantes ont dénoncé le maintien à l’affiche de l’artiste malgré les procédures en cours.

Les organisations féministes défendent l’idée d’un principe de précaution afin de protéger les victimes potentielles et d’éviter toute banalisation des violences sexuelles. D’autres acteurs du monde culturel rappellent au contraire l’importance de la présomption d’innocence tant qu’aucune condamnation n’est intervenue.

Mélanie Delaire

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