Un corps calciné dans le coffre arrière d’un véhicule en feu, au cœur de la forêt de Plainval dans l’Oise. Trois jours après cette découverte, le parquet de Senlis a annoncé, mercredi 8 juillet, l’ouverture d’une information judiciaire et la mise en examen de deux hommes âgés de 46 et 26 ans.
Les deux suspects sont poursuivis pour « meurtre commis par personne agissant en état d’ivresse manifeste » et pour « modification de l’état des lieux d’un crime ou d’un délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité », selon un communiqué du procureur de Senlis. Présentés au pôle criminel du tribunal judiciaire, ils ont été placés en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet.
Un véhicule en feu découvert dans la forêt de Plainval
L’affaire débute dans la matinée du dimanche 5 juillet. Un témoin remarque de la fumée s’élevant de la forêt de Plainval et se rend sur place. Il découvre alors un véhicule en feu et alerte les secours.
Après avoir circonscrit l’incendie, les pompiers constatent la présence d’un cadavre calciné dans le coffre arrière de la voiture. L’identification du propriétaire du véhicule permet ensuite aux enquêteurs d’obtenir « une indication quant à l’identité présumée de la victime », précise le parquet. Le parquet de Beauvais, initialement saisi, s’est depuis dessaisi au profit de celui de Senlis, à l’issue de l’enquête de flagrance menée par les gendarmes de la section de recherches d’Amiens.
L’autopsie a mis en évidence de « nombreuses fractures et blessures » sur le corps, sans toutefois permettre, à ce stade, de déterminer la cause exacte de la mort. Des examens complémentaires ont été ordonnés afin de préciser les circonstances du décès. L’identité de la victime reste également à confirmer formellement, notamment en raison de l’état du corps. Une analyse ADN est jugée indispensable par le parquet.
Un « différend très récent » avec la victime présumée
Les investigations menées par les gendarmes ont rapidement orienté les soupçons vers deux hommes de 46 et 26 ans. Selon le procureur, ils sont déjà connus de la justice, notamment pour des infractions routières ou liées à la consommation de stupéfiants. Les enquêteurs soupçonnent l’existence d’un « différend très récent » entre les deux hommes et la victime présumée à Maignelay-Montigny. Interpellés lundi 6 juillet puis placés en garde à vue, les suspects « ne reconnaissaient pas avoir commis le crime reproché », souligne le parquet.
Déférés mercredi devant le pôle criminel du tribunal judiciaire de Senlis, les deux hommes ont été mis en examen par un juge d’instruction puis incarcérés sur décision du juge des libertés et de la détention. L’information judiciaire doit désormais permettre de préciser l’enchaînement des faits, les circonstances exactes de la mort et les conditions dans lesquelles le véhicule a été incendié. Le parquet rappelle que le meurtre commis par une personne agissant en état d’ivresse manifeste est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Les deux hommes demeurent présumés innocents.

