Radio France défend l’arrivée de Charles Sapin sur France Inter au nom du pluralisme, malgré la contestation des salariés et un préavis de grève

La présidente de Radio France, Sibyle Veil, a défendu jeudi le choix de donner une chronique hebdomadaire à Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, sur France Inter. Le magazine conservateur a notamment été condamné en 2021 après la publication d’une représentation de la députée Danièle Obono en esclave.

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Maison de Radio France - Porte Seine © RADIO FRANCE/CHRISTOPHE ABRAMOWITZ
Maison de Radio France - Porte Seine © RADIO FRANCE/CHRISTOPHE ABRAMOWITZ

La présidente de Radio France, Sibyle Veil, a défendu jeudi le choix de donner une chronique hebdomadaire à Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, sur France Inter. « On fait tenir sur la même antenne des gens qui ne pensent pas la même chose », a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse de rentrée du groupe public. Le magazine conservateur a notamment été condamné en 2021 après la publication d’une représentation de la députée Danièle Obono en esclave.

La dirigeante a reconnu comprendre « les réactions » et « l’indignation » suscitées par cette décision, tout en refusant de faire du service public « un champ de bataille » ou « un champ neutre et aseptisé ». « On ne dirige pas un groupe de radio en cochant des noms sur une liste », a-t-elle également affirmé, rappelant que plusieurs personnalités de l’antenne avaient déjà fait l’objet de demandes de retrait.

La décision provoque toutefois une forte contestation à France Inter. L’intersyndicale de Radio France a déposé un préavis de grève pour les 13 et 14 septembre et réclame le retrait de la chronique. Les salariés ont adopté mercredi à l’unanimité une motion exprimant leur « refus catégorique » de l’arrivée de Charles Sapin, estimant que les valeurs portées par son magazine ne sont pas compatibles avec celles de Radio France.

La directrice de France Inter, Céline Pigalle, défend pour sa part la volonté d’« animer la conversation nationale » à l’approche de l’élection présidentielle. Le directeur éditorial du groupe, Vincent Meslet, a toutefois prévenu en interne que la collaboration pourrait être remise en cause si Valeurs actuelles « devait retourner à ses démons ».

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