Le parquet national financier (PNF) a ordonné le renvoi devant le tribunal d’Yves Le Masne et Jean-Claude Brdenk, à l’issue de son enquête préliminaire. Les deux hommes sont poursuivis pour des faits de délit d’initié liés à la revente d’actions Orpea en 2021, ainsi que pour blanchiment. Une audience est prévue le 14 octobre afin de fixer la date de leur procès.
L’affaire intervient dans le sillage du scandale révélé en 2022 par Les Fossoyeurs, l’enquête du journaliste Victor Castanet sur les conditions de prise en charge des résidents des Ehpad Orpea. L’ouvrage avait notamment mis en lumière des soupçons de maltraitances, des irrégularités financières et des dysfonctionnements dans la gestion du groupe.
Yves Le Masne, qui a dirigé Orpea à partir de 2010 après avoir été directeur général délégué, avait vendu pour environ 588.000 euros d’actions en 2021, quelques semaines après avoir reçu un questionnaire du journaliste. Il a toujours contesté tout lien entre cette opération et l’enquête à venir. Son avocat, Félix de Belloy, dénonce aujourd’hui des poursuites fondées, selon lui, sur des « raisonnements juridiquement bancals » et affirme que son client n’a été mis en cause dans aucun dossier de maltraitance.
Jean-Claude Brdenk, autre figure de l’ancienne direction, est également poursuivi. Les deux hommes sont par ailleurs mis en examen à Nanterre dans une information judiciaire portant notamment sur des soupçons d’abus de confiance, d’escroquerie, d’abus de biens sociaux aggravé, de blanchiment en bande organisée et de corruption.
Aucune mise en examen n’a en revanche été prononcée à ce stade dans l’information judiciaire ouverte contre X pour homicide et blessures involontaires, non-assistance à personne en danger et mise en danger d’autrui. Après la crise, Orpea a été placé sous le contrôle de la Caisse des dépôts et a changé de nom pour devenir Emeis. Le groupe, présent dans une vingtaine de pays, a réalisé 5,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
