À Cannes, la police municipale expérimente le dépistage du protoxyde d’azote au volant

La mairie de Cannes a équipé sa police municipale de trois appareils capables de détecter la présence de protoxyde d’azote dans l’air expiré des conducteurs. Une première en France selon la municipalité, qui intervient alors que la législation vient d’être renforcée contre l’usage détourné de ce gaz.

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Illustration. Voitures sur l'autoroute © Mavera zehra Çoşkun
Illustration. Voitures sur l'autoroute © Mavera zehra Çoşkun

La police municipale de Cannes (Alpes-Maritimes) dispose désormais de trois détecteurs de protoxyde d’azote destinés aux contrôles de sécurité routière, a annoncé la municipalité samedi 23 août. Le dispositif fonctionne sur un principe comparable à celui d’un éthylotest, en analysant l’air expiré afin d’y rechercher la présence de protoxyde d’azote.

Selon la mairie, Cannes devient ainsi la première commune française à équiper sa police municipale de tels appareils. L’usage récréatif de ce gaz, notamment chez les adolescents, peut provoquer de graves conséquences sanitaires. La mairie souligne également les risques liés à la conduite, le protoxyde d’azote étant susceptible d’altérer les capacités du conducteur.

Un premier conducteur contrôlé positif

Une première opération a été menée dans la nuit de vendredi à samedi. Sur dix dépistages réalisés, un conducteur a été contrôlé positif et verbalisé, selon la municipalité. Son véhicule a été immobilisé. Plus d’une heure après le premier contrôle, un second test, négatif, lui a permis de reprendre le volant. Dans le même véhicule, un passager a été verbalisé pour consommation de protoxyde d’azote et trois autres personnes pour détention de bonbonnes.

Le dispositif utilisé n’étant toutefois pas homologué, la verbalisation repose à ce stade sur un arrêté municipal pris en 2025 et interdisant la vente de bonbonnes de protoxyde d’azote. « Le cadre juridique ne prévoit pas encore une réponse judiciaire précise », reconnaît le maire de Cannes, David Lisnard. L’élu affirme néanmoins vouloir « privilégier la sécurité des usagers » et « anticiper » les nouvelles dispositions nationales.

Le détecteur est fabriqué par l’entreprise aixoise Olythe, qui évoque « une première utilisation rapportée en situation réelle en France » de son analyseur respiratoire. La société assure que son dispositif a déjà fait l’objet d’évaluations « scientifiques, techniques et opérationnelles » avec différents partenaires et forces de l’ordre en Europe. Elle avait notamment fait état, en juillet, d’un projet pilote conduit par la police danoise pour expérimenter le dépistage du protoxyde d’azote chez les automobilistes.

L’expérimentation cannoise intervient après la promulgation de la loi Ripost, qui renforce la répression de plusieurs infractions du quotidien, dont celles liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote. Le texte prévoit notamment une interdiction générale de la vente de protoxyde d’azote aux particuliers, qui doit entrer en vigueur le 1er février 2027.

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