Trente-neuf ans après la mort d’Inass Touloub, son histoire revient devant la justice. À l’approche du procès de ses parents, qui doit s’ouvrir le 2 novembre 2026 devant la cour d’assises de Blois, l’association Mouv’Enfants a adressé, le 14 octobre, une demande à la maire de Puteaux (Hauts-de-Seine), Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Celle-ci demande de donner le nom de la fillette à la rue Jean-Jaurès, où elle vivait avec sa famille et où, selon l’association, elle a été tuée le 10 août 1987.
Après des recherches, Mouv’Enfants affirme avoir retrouvé l’adresse du domicile familial, au 139, rue Jean-Jaurès. L’association souhaite que cette voie soit rebaptisée « rue Inass-Touloub », afin de perpétuer la mémoire de l’enfant et, plus largement, de rendre hommage aux victimes de violences familiales. Elle souligne également la faible représentation des femmes dans les noms de rues, particulièrement celle des enfants.
Dans son courrier, l’association invite la maire à porter cette proposition devant le conseil municipal. « Nous souhaitons donc que la rue Jean-Jaurès soit nommée la rue Inass Touloub », écrivent ses représentants. Mouv’Enfants indique n’avoir reçu aucune réponse de la municipalité.
Un procès attendu depuis des décennies
Le corps d’Inass, âgée de 4 ans, avait été découvert le long de l’autoroute A10, en août 1987. L’affaire, longtemps non élucidée, avait marqué les esprits par les violences subies par l’enfant. L’enquête judiciaire a duré plusieurs décennies. Le procès de ses parents doit désormais se tenir devant la cour d’assises de Blois à partir du 2 novembre.
Pour Mouv’Enfants, la demande de changement de nom de rue s’inscrit dans une mobilisation plus large pour que la fillette obtienne justice. L’association avait notamment organisé une marche blanche à Suèvres (Loir-et-Cher), le 18 octobre 2025, avec le soutien du maire de la commune. Elle avait également manifesté devant le tribunal de Blois et lancé une pétition adressée au président de la République pour réclamer l’organisation du procès dans une salle adaptée.
Après une action menée le 24 juillet 2025, l’association avait écrit à l’Élysée. Selon Mouv’Enfants, le conseiller justice du président lui avait répondu qu’un point serait fait sur l’affaire avec le cabinet du garde des sceaux. « Nous voulons que la mémoire d’Inass perdure. Nous ne l’oublierons pas », affirme Mouv’Enfants dans son communiqué, qui appelle les institutions à contribuer à cet hommage. Pour ses membres, donner le nom de la fillette à la rue où elle a vécu constituerait un symbole durable, à quelques jours d’un procès attendu depuis près de quatre décennies.
La proposition reste, à ce stade, une demande de l’association. Sa concrétisation dépendrait d’une décision de la municipalité de Puteaux.
