Un avion de parachutisme s’est écrasé dimanche vers 11 heures, quelques instants après son décollage de l’aérodrome de Nancy-Essey, en Meurthe-et-Moselle. L’appareil, un Pilatus immatriculé en Allemagne, est tombé à environ 300 mètres de la piste, sur une zone herbeuse située à proximité d’un quartier résidentiel.
Les onze personnes présentes à bord, dont cinq moniteurs de parachutisme, cinq élèves et le pilote,ont été tuées. Selon le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, aucune victime n’est à déplorer au sol. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) a indiqué qu’il s’agissait de « l’accident d’aviation générale le plus grave en termes de bilan humain » survenu en France.
Des infirmiers venus effectuer un baptême de parachute
Les cinq élèves étaient des infirmiers libéraux venus participer à un baptême de parachutisme organisé par l’association Tandemotion. « Des collègues qui avaient décidé de faire un baptême de saut en parachute, pour décompresser sans doute », a expliqué Thierry Pechey, président du conseil départemental de l’ordre des infirmiers de Meurthe-et-Moselle dans un communiqué. Pour certaines victimes, ce saut était un cadeau, a précisé François Pélissier, président de l’aérodrome de Nancy. Le drame s’est déroulé sous les yeux de plusieurs proches venus assister au décollage. « Certaines familles de victimes ont assisté à la chute de l’aéronef, ce qui ajoute au choc et au traumatisme psychologique », a souligné le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, ayant fait le déplacement aujourd’hui en lieu et place.
Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris s’est saisi de l’enquête judiciaire, confiée à la gendarmerie des transports aériens (GTA), tandis que le BEA mène ses investigations techniques. À ce stade, aucune hypothèse n’est privilégiée. Selon Jean-Paul Troadec, ancien président du BEA, une panne moteur constitue le scénario « le plus probable », sans exclure un déséquilibre de l’appareil lié à la répartition des passagers ou un éventuel malaise du pilote, dans un contexte de fortes chaleurs. L’avion n’était pas nécessairement équipé d’une boîte noire, mais les enquêteurs pourront notamment exploiter les vidéos réalisées par les occupants ou par des témoins au sol.
Une enquête pour comprendre le déroulement du vol
Un témoin a raconté avoir vu l’appareil prendre rapidement de l’altitude avant de perdre brutalement de la puissance. « Il avait vraiment le nez en l’air, puis tout d’un coup, plus de bruit, et il est parti sur la droite », a-t-il déclaré, expliquant s’être précipité vers l’épave pour tenter d’éteindre l’incendie. Le président de la Fédération française de parachutisme, Yves-Marie Guillaud, a indiqué que l’appareil transportait le nombre maximal de personnes autorisé par sa configuration. Il a également précisé que la structure organisatrice n’était pas affiliée à la fédération, mais relevait de la Direction générale de l’aviation civile.
Une cellule d’urgence médico-psychologique a été mise en place pour accompagner les familles des victimes et les témoins du drame.

