Périscolaire : le parquet fait appel de la relaxe d’un animateur poursuivi pour agressions et harcèlement sexuels sur mineurs

Le parquet de Paris a annoncé mercredi avoir fait appel de la relaxe prononcée la veille au bénéfice d’un animateur du périscolaire parisien poursuivi pour harcèlement et agressions sexuelles sur mineurs.

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Illustration. © JACKY. T. R. CHOU

Mardi, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Nicolas G., un animateur quadragénaire suspendu de ses fonctions depuis octobre 2024. Les magistrats avaient estimé que son comportement était certes « inapproprié » et « en décalage avec le positionnement attendu dans le contexte de l’animation scolaire et l’âge des élèves », mais qu’il ne revêtait pas un caractère pénalement répréhensible.

Selon le jugement, l’enquête n’avait pas permis de démontrer que les agissements reprochés relevaient d’un comportement humiliant ou dégradant, ni qu’ils avaient eu pour objet ou pour effet de détériorer les conditions de vie des enfants concernés.

Des faits dénoncés par plusieurs familles

Au cours de l’enquête, plusieurs parents avaient signalé des comportements jugés déplacés de la part de l’animateur. Selon l’accusation, celui-ci avait l’habitude d’utiliser des surnoms affectueux tels que « mon bébé d’amour », « mon trésor », « mon chaton » ou encore « la plus belle » à l’égard de certaines élèves. Il lui était également reproché d’imposer de longs câlins à des enfants, de raconter des histoires comportant des références à des viols, de prendre une élève sur ses genoux ou encore d’avoir touché la poitrine d’une autre.

Une phrase attribuée à l’animateur avait particulièrement retenu l’attention des enquêteurs : « Je te ferais des bisous partout si je pouvais », aurait-il déclaré à l’une des fillettes, selon les témoignages recueillis auprès des familles. Lors de l’audience du 5 mai, tenue à huis clos, le ministère public avait requis dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis.

La relaxe a suscité une vive réaction parmi les familles concernées. « Il semblait qu’il y avait énormément d’éléments qui établissaient que le comportement allait au-delà du comportement inapproprié », avait déclaré à l’issue du jugement Me Julie Chalumeau, avocate de cinq familles. Selon elle, la décision a provoqué « une très grande incompréhension ». La mère de l’une des enfants s’était également dite « indignée et en colère », dénonçant ce qu’elle considère comme « la lâcheté systémique d’institutions et de tribunaux d’une indulgence coupable ».

Si les juges ont estimé que les faits ne constituaient pas une infraction pénale, ils ont néanmoins relevé que l’animateur aurait dû faire l’objet de « rappels à l’ordre » ainsi que d’une « formation » adaptée. Le parquet de Paris a fait appel de la relaxe de l’animateur.

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