Dans deux études publiées mardi, Santé publique France met en lumière la persistance de troubles psychiques importants chez une partie des jeunes, plusieurs années après la crise sanitaire. Selon les résultats de l’enquête EnCLASS, menée en 2024 auprès de 11 400 collégiens et lycéens, un lycéen sur cinq déclare avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. Si cette proportion recule légèrement par rapport à 2022, les tentatives de suicide déclarées au cours de la vie concernent désormais 15 % des lycéens, soit une hausse de deux points.
Près d’un adolescent sur cinq présente également un risque important de dépression, caractérisé notamment par un manque d’énergie, des difficultés de concentration ou un sentiment de découragement. Les jeunes filles apparaissent systématiquement plus touchées que les garçons.
Une situation contrastée après la dégradation observée depuis 2018
Santé publique France relève que, après une forte dégradation des indicateurs de bien-être entre 2018 et 2022, la situation apparaît plus contrastée en 2024. La majorité des élèves continuent toutefois de se percevoir en bonne santé. Environ 82 % des collégiens et 78 % des lycéens déclarent ainsi être en « bonne » ou « excellente » santé. L’agence sanitaire souligne néanmoins que les formes les plus sévères de souffrance psychique persistent chez une part significative des adolescents.
Parallèlement, Santé publique France publie de nouveaux résultats issus de l’enquête Enabee consacrée aux enfants scolarisés en primaire. Les premiers travaux avaient estimé qu’environ 13 % des enfants âgés de 6 à 11 ans présentaient un trouble probable de santé mentale, qu’il s’agisse de troubles émotionnels, comportementaux ou de l’attention.
Les nouvelles analyses mettent en évidence plusieurs facteurs associés à ces difficultés. Les troubles sont plus fréquemment observés chez les enfants confrontés à des difficultés scolaires, ayant vécu des événements de vie difficiles comme un deuil, une agression ou un placement, ou encore ayant particulièrement mal vécu les périodes de confinement liées à la pandémie de Covid-19. Santé publique France précise toutefois qu’il s’agit de corrélations statistiques et non d’un lien de causalité démontré.

