Patrick Balkany condamné à de la prison ferme pour détournement de fonds publics

Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné jeudi Patrick Balkany à deux peines distinctes de prison ferme, sans mandat de dépôt, dans deux affaires de détournement de fonds publics. L’ancien maire de Levallois-Perret, figure de la droite francilienne, était poursuivi notamment pour avoir utilisé des policiers municipaux à des fins personnelles.

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Palais de justice à Paris © Laura Paredis / LUPXL
Palais de justice à Paris © Laura Paredis / LUPXL

Nouvelle condamnation judiciaire pour Patrick Balkany, 77 ans. Le tribunal correctionnel de Nanterre a prononcé jeudi deux peines de prison ferme contre l’ancien édile de Levallois-Perret dans le cadre de deux dossiers distincts de détournement de fonds publics.

Patrick Balkany a été condamné à quinze mois d’emprisonnement ferme dans une première affaire et à trois ans ferme dans une seconde. Le tribunal n’a toutefois pas délivré de mandat de dépôt, invoquant notamment l’âge de l’ancien élu. Il écope également de deux amendes, respectivement de 350 000 et 500 000 euros, ainsi que de dix ans d’inéligibilité et d’une interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans. Absent lors du délibéré en raison d’une hospitalisation, selon son avocat Me Robin Binsard, Patrick Balkany entend faire appel de ces deux décisions.

Des policiers municipaux utilisés comme chauffeurs privés

Le second volet de l’affaire, examiné pendant trois jours au mois d’avril, portait sur l’utilisation de policiers municipaux à des tâches personnelles entre 2010 et 2015. Le parquet reprochait à l’ancien maire d’avoir détourné plusieurs agents de leurs missions de service public afin qu’ils deviennent ses chauffeurs privés ou accomplissent diverses tâches personnelles.

Lors de l’audience, le procureur avait décrit Patrick Balkany comme un « démiurge omnipotent » agissant « par le fait du prince », transformant des policiers municipaux en « hommes à tout faire » et « quasiment des domestiques ». La présidente du tribunal, Céline Ballerini, a estimé jeudi que les faits n’avaient « rien de dérisoire », contrairement à ce qu’avait soutenu le prévenu pendant les audiences. La magistrate a dénoncé « la légèreté avec laquelle les élus de la République peuvent s’affranchir des règles et des lois » qu’ils sont pourtant chargés de faire respecter.

Dans la première affaire, Patrick Balkany était poursuivi pour avoir utilisé les fonds de la Codeeil, une association subventionnée par la ville de Levallois-Perret, afin de compléter la rémunération de son ancien directeur du développement économique, Renaud Guillot-Corail, décédé en 2020. Le tribunal a retenu l’existence d’un détournement de fonds publics dans ce dispositif de rémunération. Durant le procès, la défense avait plaidé la relaxe, dénonçant « une purge » judiciaire et critiquant les conditions de l’instruction.

En 2023, la justice avait condamné Patrick Balkany et son épouse Isabelle Balkany pour avoir caché près de 13 millions d’euros à l’administration fiscale. Patrick Balkany avait déjà effectué plusieurs périodes de détention, notamment en 2019 et 2022. En avril dernier, la cour d’appel de Rouen avait confirmé sa libération conditionnelle concernant le reliquat de peine qu’il lui restait à purger dans cette affaire. Malgré cette succession de procédures et de condamnations, Patrick Balkany continue de contester fermement les accusations portées contre lui.

Service Politique

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