La disparition d’Edgar Morin continue de susciter une vive émotion. Samedi matin, le président Emmanuel Macron a rendu hommage à celui qu’il a décrit comme « l’humanisme fait personne », saluant une personnalité qui aura traversé plus d’un siècle d’histoire sans jamais cesser d’interroger son époque. « Avec sa bienveillance, sa curiosité, il ne cessait de nous éclairer. Pensée complexe, vie féconde, esprit universel », a écrit le chef de l’État sur le réseau social X. « J’adresse à ses proches les condoléances de la Nation », a-t-il ajouté.
Dans son hommage, Emmanuel Macron a également rappelé les multiples facettes d’un parcours exceptionnel : « soldat de la Résistance, militant et affranchi, écrivain et penseur du siècle, défenseur de la nature et des peuples ».
Des hommages au-delà des clivages politiques
La disparition du philosophe a suscité des réactions dans l’ensemble du spectre politique, témoignant de l’influence transpartisane de sa pensée. L’ancien président François Hollande a estimé qu’Edgar Morin avait « traversé le siècle en l’éclairant », rappelant sa quête constante de compréhension des évolutions de l’humanité. À gauche, Jean-Luc Mélenchon a salué un « antifasciste, résistant, théoricien de la complexité », soulignant également son engagement récent en faveur de la cause palestinienne. Le dirigeant de Place publique, Raphaël Glucksmann, a rendu hommage à « une vie immense », saluant à la fois « les combats », « l’humanisme » et « l’amitié » du penseur. Même tonalité chez l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui a souligné la capacité d’Edgar Morin à maintenir ensemble « la lucidité » et « l’espérance » dans un monde traversé par les crises.
Dans les hommages rendus samedi, un thème revient avec constance : celui de la complexité, concept central de l’œuvre d’Edgar Morin. Le ministre de l’Éducation Edouard Geffray a salué un homme qui avait consacré sa vie à « relier ce que nous séparons trop souvent », tandis que son prédécesseur Jean-Michel Blanquer a évoqué « un grand penseur passant toutes les frontières disciplinaires pour chercher la vérité complexe de l’humain ».
Le Parti socialiste a, de son côté, rappelé qu’Edgar Morin avait été l’un des rares intellectuels à avoir accompagné les grandes ruptures du XXe siècle tout en éclairant les défis du XXIe. Au-delà des hommages politiques, c’est sans doute cette capacité à penser simultanément l’histoire, la science, la culture, l’écologie et la condition humaine qui explique la place singulière qu’occupait Edgar Morin dans la vie intellectuelle française. Avec sa disparition, la France perd l’un de ses derniers grands intellectuels universels, dont la pensée continue d’influencer bien au-delà des frontières nationales.

