Dans l’édition, plus de 300 auteurs réclament une « clause de conscience » après la crise chez Grasset

Suite au limogeage contesté du PDG de Éditions Grasset, Olivier Nora, plus de 300 auteurs et professionnels du livre appellent à la création d’une « clause de conscience » dans l’édition.

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Le siège des éditions Grasset et Fasquelle, à Paris (février 2022) © WIKIMEDIA COMMONS / ARCHIVES • LPLT/CC-BY-SA-4.0 / DR
Le siège des éditions Grasset et Fasquelle, à Paris (février 2022) © WIKIMEDIA COMMONS / ARCHIVES • LPLT/CC-BY-SA-4.0 / DR

Plus de 300 auteurs et acteurs du monde de l’édition ont signé une tribune publiée dans La Tribune Dimanche pour réclamer l’instauration d’une « clause de conscience » dans leur secteur. À l’origine de cette mobilisation, le limogeage du PDG des Éditions Grasset, Olivier Nora, que les signataires attribuent à Vincent Bolloré. « Le licenciement par Vincent Bolloré du PDG des éditions Grasset Olivier Nora est le révélateur d’une évolution à laquelle notre droit ne sait pas faire face ». « Le groupe dont relèvent Hachette et Grasset forme désormais un ensemble cohérent de médias, d’éditeurs et de plateformes dont l’orientation idéologique est identifiée dans le débat public. Cette évolution assumée ne trouve aucune traduction dans le droit du travail ni dans celui des auteurs », déplore-t-ils.

Parmi les signataires, des écrivains issus de différentes maisons d’édition mais aussi des auteurs publiés chez Grasset. Pour les signataires, tout un secteur de l’édition (auteurs, communicants et salariés), est concerné: « Le droit français n’a rien prévu pour eux. Il leur dit d’accepter ou de partir. Partir, c’est renoncer à des années d’ancienneté, à des droits, à une stabilité parfois construite sur des décennies. Rester, c’est consentir à une forme de dissonance morale », affirment-ils dans leur texte.

La question d’une « clause de conscience » commence à émerger dans le débat politique. La sénatrice Sylvie Robert a appelé à sa création en cas de « changement radical » de ligne éditoriale. Interrogé sur cette proposition, Emmanuel Macron a jugé que la question « mérite d’être réfléchie », sans se prononcer à ce stade.

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