Dans l’Oise, la réclusion criminelle à perpétuité requise contre Delphine Pinto accusée d’avoir fait assassiner son mari, le kinésithérapeute Jean-Christophe Piel

L’avocat général a requis jeudi la réclusion criminelle à perpétuité contre Delphine Pinto, jugée devant la cour d’assises de l’Oise pour avoir, selon l’accusation, commandité l’assassinat de son époux en 2021. Quatre autres accusés comparaissent dans ce dossier, dont le tireur présumé et l’amant de l’accusée.

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Le Palais de justice de Beauvais dans l'Oise, situé 20 Boulevard Saint-Jean © DR
Le Palais de justice de Beauvais dans l'Oise, situé 20 Boulevard Saint-Jean © DR

Au terme de plusieurs semaines d’audience devant la cour d’assises de l’Oise, l’accusation a demandé la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans contre Delphine Pinto, poursuivie pour complicité de meurtre en bande organisée. La même peine a été requise contre l’homme présenté comme le tireur présumé. Pour l’avocat général, la culpabilité des deux principaux accusés constitue « la clé » permettant d’expliquer la mort de Jean-Christophe Piel, kinésithérapeute de 41 ans tué d’une balle dans la tête en août 2021 alors qu’il cueillait des roses dans le jardin de son domicile à Breuil-le-Vert, dans l’Oise.

« Derrière Jean-Christophe Piel, combien d’autres vies ont été détruites par cette femme ? », a lancé le magistrat dans un réquisitoire particulièrement sévère, dénonçant chez l’accusée « les mensonges et la simulation, une constante » de son existence. Selon l’accusation, Delphine Pinto aurait orchestré l’assassinat de son mari dans un contexte de séparation particulièrement conflictuelle. Le ministère public a également requis dix-huit ans de réclusion criminelle contre l’amant de l’accusée, présenté comme l’intermédiaire ayant mis en relation Delphine Pinto avec le tireur présumé. Quatorze ans ont été demandés contre l’homme soupçonné d’avoir fourni l’arme du crime.

Le fils de l’accusée, né d’une précédente union et poursuivi pour avoir eu connaissance du projet criminel, risque quant à lui cinq ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis. Au cours du procès, les accusés ont multiplié les versions contradictoires et contesté toute participation à l’assassinat. « À eux cinq, ils ont tout dit et son contraire », a résumé l’avocat général, évoquant « des dizaines d’évolutions » et « des dizaines de contradictions » dans leurs déclarations respectives.

Une personnalité au cœur des débats

Durant les audiences, de nombreux témoins ont décrit une relation marquée par l’emprise et les tensions. Plusieurs proches ont présenté Delphine Pinto comme une femme manipulatrice, tandis que la défense a contesté cette lecture du dossier. Mercredi, l’accusée avait affirmé n’avoir « jamais commandité le meurtre » de son époux, tout en reconnaissant avoir pu « souhaiter sa mort » et l’avoir exprimé à son amant. L’affaire a également remis en lumière les accusations d’agressions sexuelles portées contre Jean-Christophe Piel par plusieurs enfants de Delphine Pinto. Une semaine avant son décès, le quadragénaire avait toutefois bénéficié d’une ordonnance de non-lieu dans l’une de ces procédures.

Pour l’avocat général, ces accusations relevaient de « calomnies » visant un « homme innocent ». Les débats ont également porté sur le passé judiciaire de Delphine Pinto, déjà condamnée pour des faits d’escroquerie et d’usurpation d’identité. Interrogée par le président de la cour, elle a reconnu être « mythomane ».

Les réquisitions ont été accueillies avec émotion par les proches de Jean-Christophe Piel, très présents tout au long du procès. L’avocate de SOS Jeunesse, administrateur ad hoc des deux filles du couple, a regretté que « la vérité » n’ait pas été apportée aux enfants par les accusés. Le procès doit se poursuivre vendredi avec les plaidoiries de la défense. Le verdict de la cour d’assises est attendu dans la même journée.

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