Le média d’investigation Disclose a annoncé ce jeudi avoir appris qu’une procédure engagée par le parquet général de Paris vise à obtenir la suppression de son enquête « Egypt Papers », publiée en 2021 avec plusieurs médias partenaires. Reporters sans Frontières (RSF) dénonce un « acharnement judiciaire » contre Ariane Lavrilleux, signe pour l’organisation « d’une criminalisation inquiétante du journalisme »
Dans un message adressé à ses soutiens, le rédacteur en chef de Disclose, Mathias Destal, affirme que cette demande a été déposée devant la cour d’appel de Paris à la fin du mois de mai. Selon lui, elle vise à faire disparaître des informations portant sur ce que le média qualifie de « complicité de la France dans des crimes d’État en Égypte ».
L’enquête « Egypt Papers » s’appuyait sur des documents confidentiels relatifs à une mission de renseignement française menée en Égypte entre 2016 et 2019. Disclose soutient que les informations publiées relèvent d’un « intérêt public majeur », une appréciation qui avait déjà été retenue par une magistrate dans une précédente décision de justice.
Une demande de mise en examen d’Ariane Lavrilleux
Au-delà de la question de la diffusion de l’enquête, Disclose annonce que le parquet général demande également la mise en examen de la journaliste Ariane Lavrilleux. « Le procureur, qui agit sous les ordres du ministre Gérald Darmanin, réclame aussi la mise en examen d’Ariane Lavrilleux. Et le pire, c’est qu’il s’acharne alors que notre journaliste a bénéficié d’un non-lieu après une instruction de quatre ans rythmée par la perquisition de son appartement, une garde à vue de 39 heures et la surveillance de ses faits et gestes pendant des semaines. Ariane Lavrilleux était poursuivie pour « appropriation et divulgation de secret de la défense nationale », indique le média d’investigation dans une lettre envoyée à ses abonnés.
Le parquet demande également la convocation des autres journalistes signataires de l’enquête, indique la direction du média. Lors de l’audience devant la cour d’appel, l’avocat de Disclose a plaidé pour la confirmation du non-lieu et la protection du droit à l’information. La cour d’appel de Paris doit rendre sa décision le 8 juillet.
