Après une semaine d’audience marquée par des débats particulièrement éprouvants, la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence a condamné samedi un homme de 51 ans à 25 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, pour des violences sexuelles et des actes de torture infligés à son ancienne compagne.
L’accusé, Guillaume B., ancien directeur d’agence bancaire, comparaissait depuis lundi à Digne-les-Bains pour des faits de viols aggravés, actes de torture et de barbarie, ainsi que de proxénétisme. Le ministère public avait requis la réclusion criminelle à perpétuité. À l’énoncé du verdict, après plus de quatre heures de délibération, Laëtitia R., victime de 42 ans, a fondu en larmes. L’accusé est resté impassible.
Une relation d’emprise au cœur du dossier
Durant le procès, Guillaume B. a reconnu une grande partie des faits matériels qui lui étaient reprochés : coups, brûlures, étranglements, tatouage humiliant, pratiques sexuelles extrêmes, ainsi que des relations sexuelles tarifées imposées à son ex-compagne avec d’autres hommes. Sa ligne de défense reposait toutefois sur une pseudo relation sadomasochiste consentie. « Les faits ne sont pas contestés, la question, c’est le consentement », avait plaidé l’un de ses avocats.
Une version fermement rejetée par la victime, qui a décrit devant la cour plusieurs années de violences, de peur et de contrôle psychologique. « Qu’il arrête de se cacher derrière le sadomasochisme », avait-elle lancé à la barre, dénonçant des « violences pures et dures ».
L’enquête a conclu à une relation d’emprise progressive, installée après leur rencontre en 2015, dans laquelle la victime aurait perdu toute capacité réelle d’opposition. Les enquêteurs ont notamment relevé l’absence de tout cadre habituellement associé aux pratiques BDSM consensuelles.
Une victime durablement marquée
Préparatrice en pharmacie de formation, Laëtitia souffre aujourd’hui de lourdes séquelles physiques et psychologiques. Reconnue handicapée entre 50 % et 80 %, elle est, selon son avocat, dans l’incapacité de mener une vie quotidienne normale. Elle avait souhaité que le procès se tienne publiquement, s’inspirant du combat mené par Gisèle Pelicot, devenue une figure du combat contre les violences sexuelles après avoir rendu public son propre dossier judiciaire. Tout au long du procès, des militantes féministes se sont relayées devant le tribunal pour lui apporter leur soutien.
Vendredi, l’avocate générale avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, estimant que l’accusé présentait un risque de récidive. Elle avait dénoncé une volonté de « nier la dignité humaine », jugeant que le consentement invoqué ne pouvait être retenu dans une relation marquée par la contrainte, la peur et l’absence de possibilité réelle de dire non. Selon le dossier, c’est en juin 2022 que la victime avait, pour la première fois, confié sa situation à une amie, laquelle avait alerté les forces de l’ordre, entraînant l’interpellation du mis en cause. La cour a finalement retenu une peine de 25 ans de réclusion criminelle.

