L’affaire suscite une vive émotion dans cette commune de l’Oise de quelque 1 800 habitants. Selon les éléments communiqués par le parquet de Senlis, une enquête préliminaire contre X a été ouverte après le signalement transmis le 20 mars 2026 par le centre hospitalier de Gonesse (Val-d’Oise), où une enfant de 21 mois avait été prise en charge quelques jours plus tôt dans un état d’alcoolisation jugé préoccupant.
La fillette avait été accueillie le 17 mars au sein de la microcrèche Les Petits Gaulois, à Plailly. D’après les informations rapportées par Le Parisien, ses parents avaient été contactés dans l’après-midi par la structure, inquiète de son état, l’enfant « n’arrêtant pas de tomber ». Conduite à l’hôpital, elle avait alors subi des examens révélant un taux d’alcoolémie de 2,14 grammes par litre de sang.
Les soins prodigués ont toutefois permis « une amélioration rapide de son état de santé », précise le procureur de Senlis, Loïc Abrial. L’enfant, examinée par un médecin légiste, s’est vu prescrire deux jours d’incapacité totale de travail. Près de deux mois après les faits, la communauté de communes de l’Aire cantilienne affirme qu’elle « se porte bien aujourd’hui ».
Des investigations toujours en cours
Les investigations ont été confiées à la brigade de gendarmerie d’Orry-la-Ville. Le parquet ajoute que des expertises ont été confiées à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) et insiste sur le fait qu’« aucune piste n’est écartée à ce stade ». Les résultats devront permettre de déterminer la qualification pénale retenue, alors que « plusieurs infractions sont en l’état suspectées ».
Dans son communiqué, le procureur a également tenu à recadrer certaines prises de parole publiques intervenues ces derniers jours. Il indique avoir constaté que la Communauté de communes de l’Aire cantilienne avait évoqué dans la presse des conclusions supposément établies par « les autorités compétentes ». Une formulation contestée par le parquet, qui rappelle qu’aucune conclusion judiciaire n’a été arrêtée à ce stade de l’enquête. « L’enquête est en cours et aucun de ses éléments, hormis ceux figurant dans [le communiqué envoyé à la presse], n’a été transmis à qui que ce soit », insiste le magistrat.
Une fermeture administrative temporaire
À la suite de l’hospitalisation de l’enfant, la microcrèche a fait l’objet, dès le 20 mars, d’une fermeture administrative temporaire décidée « à titre conservatoire ». Selon la communauté de communes, la structure pourrait rouvrir au cours du mois de juin. Les premières investigations menées en lien avec les services de protection maternelle et infantile (PMI) et le gestionnaire de l’établissement « n’ont pas permis d’identifier, à ce jour, d’élément de malveillance ou de maltraitance de la part des professionnels de la structure », précise encore la collectivité.
La microcrèche Les Petits Gaulois appartient au groupe People & Baby, acteur important du secteur privé de la petite enfance. Le groupe n’avait pas réagi mercredi aux sollicitations de la presse. Depuis la mort d’une fillette de 11 mois dans une autre crèche du groupe People & Baby en 2022, plusieurs rapports, enquêtes et témoignages ont mis en cause certaines pratiques du secteur, accusé de privilégier des impératifs de rentabilité au détriment des conditions d’accueil et de sécurité.
À ce stade toutefois, l’enquête ouverte dans l’Oise ne permet pas d’établir un lien entre l’état de l’enfant et une faute imputable au personnel de la microcrèche. Le parquet indique enfin que les parents de la fillette peuvent bénéficier d’un accompagnement psychologique et juridique assuré par l’association France Victimes 60.


