Affaire Lyhanna : l’exécutif dénonce des « dysfonctionnements accablants » après la découverte d’un corps dans le Gers

Au lendemain de la découverte d’un corps qui pourrait être celui de Lyhanna, 11 ans, disparue depuis le 29 mai dans le Gers, l’exécutif a dénoncé vendredi de graves défaillances dans le traitement de signalements visant le principal suspect. Une enquête administrative a été lancée tandis que l’autopsie doit permettre de confirmer l’identité de la victime et les circonstances de sa mort.

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Palais de Justice en France (illustration) © DÉCHIFFREUR / LF
Palais de Justice en France (illustration) © DÉCHIFFREUR / LF

Vendredi, Emmanuel Macron, Gérald Darmanin et le Premier ministre Sébastien Lecornu ont publiquement pointé les possibles manquements des services de l’État après la découverte, jeudi, d’un corps présenté comme étant probablement celui de la collégienne de 11 ans disparue à Fleurance. Depuis le Monténégro, le chef de l’État a estimé qu’il existait « clairement un dysfonctionnement » et a jugé « inacceptable » qu’une telle situation ait pu se produire. « Je ne veux entendre aucun argument de moyens dans cette affaire », a-t-il ajouté.

Le garde des Sceaux a évoqué pour sa part des « dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l’État », tandis que Sébastien Lecornu s’est dit « choqué » par les premiers éléments connus du dossier. Le Premier ministre a réuni vendredi plusieurs ministres à Matignon afin d’examiner les circonstances de l’affaire. Il a demandé que les premières conclusions de l’enquête administrative confiée à l’Inspection générale de la justice et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale lui soient remises dans un délai de quinze jours.

Le corps a été retrouvé jeudi dans une exploitation agricole située près de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance. Le suspect avait travaillé dans cette exploitation par le passé. L’autopsie ordonnée par le parquet d’Agen doit permettre de confirmer l’identité du corps, de déterminer les causes du décès et d’établir si la victime a subi des violences sexuelles. Dans un communiqué transmis par leur avocat, les proches de Lyhanna ont exprimé leur « plus grand effroi ».

Une affaire qui relance le débat sur les moyens de la justice

Au cœur des interrogations figure notamment le parcours judiciaire du principal suspect, Jérôme B., 41 ans, mis en examen pour enlèvement et séquestration puis placé en détention provisoire. Selon la procureure d’Auch, cet homme avait déjà fait l’objet de plaintes en 2022 et en 2025, notamment pour des faits de viol sur mineure. La première procédure avait été classée sans suite tandis que la seconde était toujours en cours au moment de la disparition de Lyhanna. Une source gouvernementale que la circulaire diffusée en janvier par Gérald Darmanin, visant à faire des violences commises contre les enfants une priorité pénale, n’aurait pas été appliquée dans ce dossier.

Au-delà du drame, l’affaire ravive les critiques sur le fonctionnement de la justice et la prise en compte des signalements concernant les violences faites aux enfants. Le député du Gers David Taupiac rappelle avoir alerté dès 2025 sur les difficultés rencontrées par le tribunal judiciaire d’Auch, confronté selon lui à un manque de magistrats et de greffiers ainsi qu’à des problèmes informatiques récurrents.

L’enquête judiciaire se poursuit désormais dans l’attente des résultats de l’autopsie, qui devraient permettre de préciser les circonstances exactes du décès.

Isabelle Lampart

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