Samedi 23 mai, au Parc Saint-Paul, dans l’Oise, la soirée s’était achevée après trois heures de spectacle. Keyssia Blain, 25 ans, responsable de recrutement et habitante d’Hanvoile, petite commune de la Picardie verte, était élue Miss Oise 2026. Souriante, couronne à peine posée sur la tête, la jeune femme disait sa « surprise » et sa « fierté » de représenter son département, où elle assure avoir grandi « avec [ses] repères » et « [ses] valeurs ».
Elle succède à Emma Boivin, lauréate en 2025, qui avait par la suite été élue Miss Picardie avant de représenter sa région au concours Miss France. Au lendemain de son sacre, la nouvelle élue s’est dite « très honorée » dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Cette écharpe représente énormément pour moi, et je suis fière de pouvoir représenter l’Oise lors de l’élection Miss Picardie 2026. Je donnerai le meilleur de moi-même pour porter haut les couleurs de notre département. »
Mais à peine l’élection terminée, un autre spectacle s’est joué cette fois-ci sur la toile. Sous plusieurs publications relayant son sacre – notamment celles de médias locaux comme Le Courrier Picard ou L’Observateur de Beauvais, mais aussi sur celles des différents comités de Miss, des dizaines de commentaires racistes ont rapidement envahi les espaces commentaires.
Une vague de commentaires racistes
Comme souvent sur les réseaux sociaux après ce type d’élection, certains internautes estiment que « la deuxième dauphine est plus jolie », que « le jury s’est trompé » ou encore que la nouvelle élue « n’ira pas loin ». Mais très vite, plusieurs commentaires franchissent une ligne plus explicite font leur apparition. Certains internautes évoquent un supposé « forcing avec le métissage, partout pub série films sport les miss, Eurovision etc. ça donne l’impression que le blanc est minoritaire en France », ou encore « Maintenant on se sent obligé de mettre des métisses ,des noirs, des arabes pour ne pas se faire traité de racistes, alors que les autres sont plus jolie » tandis qu’un autre écrit : « Il me semblait avoir vu des blanches… encore un truc truqué. » Des propos qui reprennent les ressorts de discours identitaires relayant la théorie raciste du « grand remplacement ».
D’autres laissent entendre que l’élection de Keyssia Blain ne pourrait s’expliquer que par une logique idéologique. « Vous ne comprenez rien ou quoi, il faut ouvrir les yeux, si elle n’avait pas été élue un scandale racisme etc. », affirme un commentaire, suggérant qu’une candidate noire ou métisse ne pourrait être choisie délibérément par un jury ou le public. Une autre internaute convoque des clichés territoriaux ou sociaux : « Elle est de Creil je pense ». À ces attaques racistes s’ajoutent des remarques sexistes plus ordinaires sur le physique des candidates.
Interpellé par une internaute accusant le média de publier une « photo douteuse » pour provoquer des réactions, L’Observateur de Beauvais a répondu avoir masquer, supprimer certains commentaires voire même bannir des utilisateurs, en plus de la modération déjà effectuée par Facebook. De son côté, le Courrier Picard a modéré les commentaires de ses publications. Au-delà de ces saillies racistes et sexistes, le parcours de Keyssia Blain se poursuit. Élue face à treize autres candidates, elle succède à Emma Boivin, Miss Oise 2025, qui avait ensuite remporté le titre régional. Aux côtés de ses dauphines : Aïssata Ly, Elisa Leclerc, Léna Correia-Machado et Vanessa Murcy, elle participera à l’élection de Miss Picardie, prévue à l’automne à Beauvais.


