À Pau, quinze ans de réclusion pour l’élève ayant tué sa professeure Agnès Lassalle en 2023 à Saint-Jean-de-Luz

L’ancien élève jugé pour l’assassinat de sa professeure d’espagnol Agnès Lassalle en 2023 à Saint-Jean-de-Luz a été condamné vendredi à quinze ans de réclusion criminelle. La cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques a retenu une altération de son discernement au moment des faits.

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Palais de justice à Paris © Laura Paredis / LUPXL
Palais de justice à Paris © Laura Paredis / LUPXL

Après trois heures de délibéré, la cour a reconnu coupable le jeune homme, aujourd’hui âgé de 19 ans. La peine prononcée est légèrement inférieure aux seize années de réclusion requises par l’avocate générale. L’altération du jugement de l’accusé pouvait théoriquement abaisser la peine jusqu’à treize ans. La juridiction a toutefois estimé que quinze ans de réclusion étaient proportionnés à la « gravité incontestable » des faits.

Le 22 février 2023, Agnès Lassalle, 53 ans, enseignante au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas d’Aquin, avait été mortellement poignardée dans sa salle de classe. Alors que le cours touchait à sa fin, l’élève, âgé de 16 ans à l’époque, s’était levé, avait verrouillé la porte avant de porter un coup de couteau à la poitrine de la victime. L’arme, un couteau de cuisine, avait été prise la veille au domicile de son père.

La question du discernement de l’accusé a été au cœur du procès, tenu à huis clos depuis mardi à Pau. Plusieurs expertises psychiatriques ont livré des conclusions divergentes. La cour a retenu une altération du jugement, tout en soulignant une « prise de conscience modérée » de l’accusé et l’absence de « véritable réflexion sur son passage à l’acte ». Elle a également évoqué un « risque de récidive prégnant » et une dangerosité persistante.

Dans son arrêt, la cour a insisté sur le préjudice « particulièrement important » subi par les proches de la victime et la communauté éducative, marqués par une « sidération » encore perceptible trois ans après les faits. La mort d’Agnès Lassalle avait suscité une vive émotion à l’échelle nationale, notamment après les images de son compagnon dansant seul lors de ses obsèques. L’accusé encourait jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.

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