Le président Emmanuel Macron s’est rendu mardi soir à Saint-Denis pour assister à un concert des maisons d’éducation de la Légion d’honneur. En marge de cet événement, il a brièvement échangé avec le nouveau maire LFI Bally Bagayoko, lors d’un « échange cordial et républicain », selon l’entourage du chef de l’État.
Bally Bagayoko a indiqué que le président s’était « voulu rassurant », affirmant condamner « bien sûr les actes racistes » dont il a été la cible. Depuis son élection, l’édile a fait l’objet de propos racistes, notamment relayés sur la chaîne d’extrême droite CNews et sur les réseaux sociaux. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour « injure publique » à caractère racial.
Un soutien tardif
S’il a remercié le président pour son soutien, Bally Bagayoko regrette qu’il ne se soit pas exprimé plus tôt, au moment où les attaques étaient les plus virulentes. La réaction du gouvernement et notamment de la ministre en charge des discriminations Aurore Bergé, avait elle aussi mis plusieurs semaines à réagir.
Profitant de cette rencontre, le maire a remis au chef de l’État un courrier de quatre pages. Il y dénonce un sous-financement de sa commune et des inégalités sociales persistantes. Parmi les points soulevés figurent les réductions de moyens dans l’éducation, les dysfonctionnements de la sous-préfecture ou encore le manque d’effectifs de police nationale, jugé « structurellement insuffisant ».
Bally Bagayoko a également invité Emmanuel Macron à participer à une marche contre le racisme prévue le 3 mai à Paris. Elle est dans la continuité du rassemblement organisé début avril à Saint-Denis, qui avait réuni plusieurs milliers de personnes.
