Devant le congrès des urgentistes à Paris, Stéphanie Rist a indiqué avoir demandé aux agences régionales de santé d’identifier une centaine d’hôpitaux où ce filtrage pourrait être activé dès l’automne. Les modalités d’application, de jour comme de nuit ou uniquement à certaines périodes, seront définies localement. Jusqu’à présent, la régulation de l’accès aux urgences par le 15 était principalement utilisée de façon ponctuelle, notamment lors des épidémies hivernales ou pendant l’été. Le gouvernement souhaite désormais l’étendre à plus grande échelle.
Selon la ministre, ce dispositif permettrait de réduire d’environ 20 % les passages aux urgences sans dégrader l’accès aux soins. Les patients nécessitant une prise en charge urgente continueront à être accueillis, avec une présence humaine maintenue à l’entrée des services. Le gouvernement souhaite également développer la réorientation des patients dont l’état de santé ne justifie pas un passage aux urgences. L’objectif affiché par l’exécutif est que l’ensemble des établissements pratiquent ce dispositif d’ici deux ans. Cette stratégie, viserait selon le gouvernement Lecornu, à désengorger des services qui restent sous forte pression. Les représentants des médecins urgentistes anticipent déjà un été 2026 au moins aussi difficile que le précédent.
Au-delà de l’accès aux urgences, l’exécutif veut améliorer la gestion de l’aval hospitalier. La Ministre de la Santé Stéphanie Rist a notamment demandé que tous les établissements de santé disposent d’un « gestionnaire de lits », chargé d’identifier les places disponibles pour accueillir les patients sortant des urgences. Le nombre de lits a fortement baissé sous les quinquennats d’Emmanuel Macron. La ministre souhaite également favoriser l’admission directe à l’hôpital de certains patients, notamment les personnes âgées provenant d’Ehpad ou les malades chroniques fréquemment pris en charge par les urgences.

