Sainte-Soline : une enquête de Libération et Mediapart remet en question le classement sans suite sur la blessure grave d’un manifestant

Deux ans après la manifestation contre les mégabassines à Sainte-Soline, une enquête de Libération et Mediapart affirme avoir identifié le tir de grenade lacrymogène qui a grièvement blessé un manifestant. L’affaire a été classée sans suite fin 2025.

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Deux ans après la manifestation de Sainte-Soline, de nouveaux éléments viennent fragiliser les conclusions de l’enquête judiciaire. Une investigation menée par Libération et Mediapart, publiée lundi, affirme avoir identifié le tir de grenade lacrymogène qui avait grièvement blessé Serge Duteuil-Graziani, un manifestant toulousain touché à la tête lors de la mobilisation écologiste du 25 mars 2023 contre les mégabassines, dans les Deux-Sèvres.

L’affaire avait été classée sans suite fin 2025 par le parquet de Rennes, qui estimait ne pas pouvoir déterminer avec certitude l’origine du projectile ayant fracturé le crâne du manifestant sur plusieurs centimètres.

L’enquête des deux médias repose sur l’analyse de plus de 2 000 fichiers vidéo, issus notamment de caméras-piétons de gendarmes, de journalistes et de manifestants présents sur place. En synchronisant plusieurs séquences au moment précis de l’impact, à 13 h 45 et 58 secondes selon leur reconstitution, les journalistes affirment avoir isolé un unique tir compatible avec la blessure : celui effectué depuis la tourelle d’un véhicule blindé de la gendarmerie, à environ 60 mètres. Selon cette analyse, le projectile aurait été tiré selon un angle d’environ 7 degrés, très éloigné des 45 degrés théoriquement requis pour ce type d’armement.

Une procédure susceptible d’être relancée

Le gendarme identifié par les deux médias, entendu comme témoin dans le cadre de l’enquête, avait affirmé avoir respecté les règles d’engagement et ne pas être en mesure de dire s’il avait blessé quelqu’un. Toujours selon Libération et Mediapart, une vidéo jugée déterminante, tournée par un journaliste du média Blast, n’avait pas été intégrée au dossier judiciaire avant le classement.

Contacté par les deux rédactions, le procureur de Rennes, Frédéric Teillet, a reconnu que ces nouveaux éléments pourraient conduire à des investigations complémentaires dans le cadre d’une instruction déjà ouverte sur d’autres faits liés à cette manifestation.

À la suite du classement sans suite, quatre manifestants grièvement blessés, dont Serge Duteuil-Graziani, se sont constitués partie civile afin d’obtenir la désignation d’un juge d’instruction.

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