Selon son projet de rapport annuel, le déficit des retraites atteindrait 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2070, soit un niveau nettement supérieur à celui retenu dans les projections publiées l’an dernier. Cette révision ne modifie toutefois pas les perspectives à moyen terme. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) maintient ses estimations de déficit à 0,2 % du PIB en 2030 et à 0,9 % en 2045.
Pour expliquer cette dégradation des perspectives à long terme, le COR met en avant un changement de ses hypothèses démographiques. L’organisme a abaissé son scénario de fécondité à 1,45 enfant par femme, contre 1,8 précédemment, afin, selon le COR, de tenir compte du recul observé de la natalité en France ces dernières années. À terme, cette évolution devrait accentuer le vieillissement de la population et réduire le nombre d’actifs susceptibles de financer les pensions.
Le rapport appelle toutefois à la prudence. « Les évolutions de la natalité au-delà de vingt ans demeurent difficiles à anticiper de façon robuste », souligne le document. Le COR évoque également les nouvelles règles adoptées par les partenaires sociaux gestionnaires de l’Agirc-Arrco. À partir de 2038, les modalités de revalorisation des retraites complémentaires seront plus favorables aux retraités, ce qui pèsera davantage sur les équilibres financiers du système.
Un déficit contenu à moyen terme
Malgré cette dégradation des perspectives à l’horizon 2070, le COR ne constate pas d’aggravation de la situation à moyen terme. Plusieurs facteurs viennent compenser les effets du vieillissement démographique. L’organisme retient notamment une hypothèse de solde migratoire plus élevée, portée à 150 000 personnes par an contre 70 000 dans les précédentes projections. Il intègre également une progression de l’espérance de vie légèrement moins rapide qu’anticipé jusqu’ici.
Ces éléments permettent notamment d’absorber le coût budgétaire de la suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023 décidée par le gouvernement de Sébastien Lecornu, estimé à 1,8 milliard d’euros en année pleine. L’organisme insiste néanmoins sur le fait que ses projections ne valident pas l’idée d’une dérive incontrôlée des dépenses de retraite.
