Le parquet de Laon a annoncé vendredi la mise en examen du suspect pour « homicide volontaire avec préméditation » sur une mineure de moins de 15 ans, qualification correspondant à un assassinat. Le jeune homme est également poursuivi pour des faits de viols sur mineure. Selon le procureur Jean-Baptiste Miot, ces faits concernent les relations sexuelles entretenues avec Chloé durant leur relation, la différence d’âge de plus de cinq ans entre les deux personnes entraînant, en droit, l’absence de consentement légal de la victime.
Le suspect a été placé en détention provisoire. Lors de ses derniers interrogatoires ainsi que devant le juge d’instruction, il a choisi de garder le silence. Durant sa garde à vue, il avait toutefois reconnu sa présence sur les lieux et admis avoir porté les coups de couteau, tout en niant avoir voulu tuer l’adolescente.
La commune est sous le choc après le féminicide de Chloé, adolescente tuée sur le chemin du collège
Mercredi matin, Chloé, élève de troisième à Fère-en-Tardenois, se rendait à pied à son collège lorsqu’elle a été agressée à l’arme blanche. Son corps présentait plusieurs plaies au niveau du cou. Après les faits, d’importantes recherches avaient été engagées pour retrouver l’auteur présumé, qui avait pris la fuite. Il a finalement été interpellé mercredi en fin d’après-midi à Soissons, à environ 25 kilomètres de la commune. Le suspect, sans emploi, vivait chez ses parents. Il était déjà connu des services de police et de justice pour un port d’arme illégal en 2023. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour les faits d’assassinat, ainsi que vingt ans de réclusion pour les faits de viols.
Le meurtre de Chloé a profondément bouleversé Fère-en-Tardenois, commune d’environ 2.800 habitants. Vendredi, lors de la cérémonie commémorative du 8 mai, un hommage a été rendu à l’adolescente. La municipalité a indiqué qu’un moment de recueillement avait été observé en ouverture de la cérémonie. Depuis jeudi, des dizaines de bouquets de fleurs et de bougies ont été déposés devant le collège de la jeune fille. Des cellules d’écoute psychologique et d’urgence médico-psychologique ont également été mises en place pour les élèves et les habitants.
Selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof), 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023.

