Au Parti socialiste, le départ de Boris Vallaud fragilise un peu plus Olivier Faure

Le Parti socialiste traverse une nouvelle zone de turbulence. Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a décidé de quitter la direction du parti, emportant avec lui une partie significative de son courant. Une rupture politique qui affaiblit considérablement Olivier Faure, désormais privé de majorité interne et confronté à une contestation ouverte sur sa stratégie en vue de l’élection présidentielle de 2027.

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Boris Vallaud lors de l'hommage à Lionel Jospin, le 26 mars 2026 © MATHIEU DELMESTRE/PARTI SOCIALISTE (CC BY-NC-ND 4.0)
Boris Vallaud lors de l'hommage à Lionel Jospin, le 26 mars 2026 © MATHIEU DELMESTRE/PARTI SOCIALISTE (CC BY-NC-ND 4.0)

Il y a un an, au congrès du Parti socialiste, Boris Vallaud avait choisi de rallier Olivier Faure, arrivé en tête mais sans majorité suffisante pour gouverner seul le parti. Ce soutien avait permis au premier secrétaire de conserver la direction du PS face à son rival, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol.

Cette alliance n’aura finalement été que de circonstance. Dans une lettre adressée vendredi à Olivier Faure, le sénateur Alexandre Ouizille, mandataire du courant de Boris Vallaud, officialise le départ de 24 membres de la direction nationale, parmi lesquels 21 secrétaires nationaux, soit près d’un tiers de l’exécutif du parti. Une situation qui marque une rupture politique nette. Dans ce courrier de cinq pages, la direction est accusée de pratiquer une « collégialité bâclée », une « brutalisation du fonctionnement » interne et une stratégie d’« isolement et d’enlisement ».

La présidentielle de 2027, déjà engagée, au cœur de la fracture

La méthode pour préparer la prochaine présidentielle, en 2027, est notamment l’élément déclencheur de cette crise sans précédent en interne. Olivier Faure défend l’idée d’une primaire de la gauche, avec une association des écologistes, afin de désigner un candidat commun. De son côté, Boris Vallaud rejette cette perspective. Pour lui, une primaire risquerait de reproduire les divisions du passé sans permettre une véritable clarification politique. Le député des Landes plaide pour la désignation d’un candidat socialiste issu d’un vote interne, avant de bâtir une coalition plus large avec d’autres figures de la gauche réformiste, parmi lesquelles Raphaël Glucksmann ou Yannick Jadot.

Le départ du « courant Vallaud » ne remet pas en cause, à ce stade, la position d’Olivier Faure à la tête du PS. Mais il change profondément l’équilibre des forces. Privé d’une partie décisive de sa coalition interne, le premier secrétaire se retrouve minoritaire dans plusieurs instances du parti. Sa marge de manœuvre pour imposer sa stratégie s’en trouve fortement réduite, au moment même où la gauche entre dans une phase de recomposition. Ses opposants lui reprochent une gouvernance trop verticale et l’absence de débat interne sur la stratégie présidentielle. Ils dénoncent aussi son incapacité, depuis huit ans, à faire du Parti socialiste une force centrale de l’opposition au macronisme, notamment en ne soutenant pas toutes les motions de censure visant les différents gouvernements.

Service Politique

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