Un procès requis contre Jean-Christophe Lagarde dans l’affaire de l’intox Corbière-Garrido lors des législatives de 2022

Le parquet de Paris a requis un procès contre l’ancien président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, son ex-chauffeur et un ancien policier, soupçonnés d’avoir participé à une opération visant à diffuser une fausse information sur Raquel Garrido, alors candidate de La France insoumise face à lui aux élections législatives de 2022.

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Palais de justice à Paris © Laura Paredis / LUPXL
Palais de justice à Paris © Laura Paredis / LUPXL

L’information judiciaire avait été ouverte en septembre 2022 après les plaintes déposées par Raquel Garrido et Alexis Corbière. L’affaire remonte à l’entre-deux-tours des élections législatives de 2022, dans la circonscription de Seine-Saint-Denis où Jean-Christophe Lagarde affrontait Raquel Garrido. Le parquet de Paris a requis un procès pour escroquerie en bande organisée contre l’ancien dirigeant centriste, son ancien chauffeur et un ex-policier, accusés d’avoir contribué à la fabrication et à la diffusion d’une fausse information visant la candidate de La France insoumise.

Un article publié par Le Point après le second tour du scrutin, affirmant que Raquel Garrido et son compagnon Alexis Corbière employaient une femme de ménage en situation irrégulière, est à l’origine du contentieux. Dès le lendemain, l’hebdomadaire avait retiré l’article, reconnaissant publiquement son caractère « faux » et « mensonger ».

Une « opération frauduleuse d’ensemble »

Dans ses réquisitions rendues en avril, le parquet estime que les trois hommes ont « participé, selon un rôle propre mais complémentaire, à une opération frauduleuse d’ensemble ». L’ancien chauffeur de Jean-Christophe Lagarde est présenté comme l’initiateur du « scénario fictif », accusé d’avoir fabriqué de faux échanges WhatsApp, des captures d’écran et divers éléments destinés à accréditer cette version.

À son encontre, le ministère public requiert également un procès pour faux, usage de faux et usurpation d’identité. Concernant Jean-Christophe Lagarde, le parquet évoque un « faisceau d’indices concordants », s’appuyant notamment sur les déclarations de son ex-chauffeur, qui affirme avoir agi sous sa « pression constante » pour obtenir des informations compromettantes sur des adversaires politiques. Celui-ci précise toutefois que l’ancien député ne lui aurait jamais explicitement demandé de monter une fausse affaire. Son avocat, Me Gérard Zbili, conteste fermement toute implication.

Un ancien policier également visé

Le parquet vise également un ancien policier reconverti comme chroniqueur de presse, soupçonné d’avoir servi d’« intermédiaire actif et déterminant » entre Jean-Christophe Lagarde et le journaliste auteur de l’article.

Son avocat, Me Pierre-Henri Baert, affirme que son client s’est borné à transmettre des informations à un journaliste en l’invitant à les vérifier. Il estime que la responsabilité éditoriale incombe au journaliste.

Aziz Zemouri, auteur de l’article, avait quitté Le Point après l’affaire, présenté ses excuses et déposé lui-même plainte. Il a été condamné en mai 2025 pour diffamation.

Service Politique

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