Le gouvernement veut compléter son arsenal contre les phénomènes de corruption liés au narcotrafic. Interrogé par le sénateur François Patriat (Renaissance), Sébastien Lecornu a estimé que la « tentation de corruption » devait être combattue « non seulement politiquement et culturellement, mais aussi (…) en droit ». Selon le premier ministre, la législation française « n’est malheureusement pas encore complète » pour répondre à ces situations. Il a annoncé la présentation prochaine d’un projet de loi composé d’un seul article, destiné à « durcir les sanctions sur les agents de l’Etat s’ils se retrouvent en corruption passive sur les sujets de narcotrafic ».
Le dispositif annoncé vise notamment les fonctionnaires qui cautionneraient des trafics de drogue en ne les dénonçant pas à l’autorité judiciaire. Le gouvernement entend ainsi renforcer la réponse pénale face aux risques d’infiltration ou de corruption de l’appareil d’Etat par les réseaux criminels. « Il est évident que la tentation de corruption existe », a insisté Sébastien Lecornu, qui fait de cette question un nouvel axe de la politique gouvernementale contre le narcotrafic.
Des dépistages inopinés au sommet de l’Etat
Le premier ministre est également revenu sur la campagne de dépistages de stupéfiants qu’il avait ordonnée à la mi-juin au sein des cabinets ministériels. Ces contrôles concernent aussi les « préfets, recteurs » et, plus largement, « l’ensemble de celles et ceux qui sont nommés par le conseil des ministres ». Sébastien Lecornu a assuré que cette démarche n’était pas seulement conduite « à des fins d’exemplarité », mais également pour éviter que des responsables publics ne se trouvent en situation de vulnérabilité. Il a par ailleurs affirmé que, contrairement à certaines informations diffusées sur les réseaux sociaux, « les personnes qui sont testées positives sont écartées de ces emplois ». Le chef du gouvernement a invoqué le « secret médical » pour ne pas rendre publics les résultats individuels.
Le premier ministre a également établi un lien direct entre la consommation de stupéfiants et l’économie criminelle. Il n’y aurait « pas de règlements de compte dans les quartiers, s’il n’y avait pas de consommation dans les beaux quartiers », a-t-il déclaré. Dans le même mouvement, Sébastien Lecornu a demandé au ministre de l’éducation, Edouard Geffray, de préparer une instruction à destination des recteurs afin de mettre en place un plan de contrôle régionalisé. L’école doit être, selon lui, « un endroit de protection mais aussi de détection ».
