Affaire Lyhanna à Fleurance : l’identification du corps confirmée, l’exécutif dénonce des « dysfonctionnements accablants »

L’ADN a confirmé que le corps retrouvé jeudi dans le Gers est bien celui de Lyhanna, 11 ans, disparue depuis le 29 mai. Alors que les causes de la mort restent inconnues à ce stade, l’exécutif a dénoncé de graves défaillances dans le traitement des signalements visant le principal suspect.

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Dans un communiqué diffusé vendredi en fin d’après-midi, la procureure de la République a annoncé que l’identification du corps retrouvé la veille près de Puycasquier, dans le Gers, avait été « confirmée au moyen d’une comparaison d’ADN ». Il s’agit donc bien de celui de Lyhanna. Pour autant, les circonstances du décès demeurent inconnues. « Les médecins légistes, en l’état de leurs investigations, ne sont pas aujourd’hui en mesure d’indiquer quelles sont les causes de la mort », précise le parquet. Des examens et expertises complémentaires ont été ordonnés afin de déterminer les circonstances exactes du décès de la collégienne de 11 ans, disparue depuis sa sortie du collège de Fleurance le 29 mai.

Au lendemain de la découverte du corps, les plus hautes autorités de l’État ont publiquement mis en cause le traitement de plusieurs signalements visant le principal suspect de l’affaire, Jérôme B., 41 ans. Depuis le Monténégro, Emmanuel Macron a évoqué un « dysfonctionnement » qu’il a jugé « inacceptable », estimant qu’aucune justification liée au manque de moyens ne pouvait être avancée dans un tel dossier.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a dénoncé de son côté des « dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l’État », tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni plusieurs ministres à Matignon. Une enquête administrative a été confiée à l’Inspection générale de la justice et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale, avec une remise des premières conclusions attendue sous quinze jours.

Le parcours judiciaire du suspect au cœur des interrogations

Mis en examen pour enlèvement et séquestration puis placé en détention provisoire, Jérôme B. est désormais au centre des questions sur la prise en compte des alertes antérieures. Selon la procureure d’Auch, il avait déjà fait l’objet de plusieurs procédures, notamment pour des faits de viol sur mineure. Une première plainte avait été classée sans suite en 2022, tandis qu’une seconde enquête, ouverte en 2025, était toujours en cours au moment de la disparition de Lyhanna. Ces éléments nourrissent les interrogations sur le suivi des signalements concernant les violences faites aux enfants. Une source gouvernementale estime notamment que la circulaire diffusée en janvier par Gérald Darmanin, qui faisait de ces violences une priorité pénale, pourrait ne pas avoir été appliquée dans ce dossier.

L’affaire relance également le débat sur les moyens alloués à la justice. Le député du Gers David Taupiac rappelle avoir alerté à plusieurs reprises sur les difficultés rencontrées par le tribunal judiciaire d’Auch, confronté selon lui à un manque de magistrats, de greffiers et à des problèmes techniques persistants.

L’enquête judiciaire se poursuit désormais pour établir les circonstances du décès de la jeune fille, tandis que ses proches ont exprimé, par la voix de leur avocat, leur « plus grand effroi » après la découverte du corps hier.

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