Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu coupable Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, d’injures racistes et de cyberharcèlement à l’encontre de Linh-Lan Dao, indique Franceinfo.
Le rappeur a été condamné à trois mois de prison avec sursis ainsi qu’à 30 000 euros d’amende. Le jugement a été rendu mardi, deux mois après l’audience qui s’était tenue le 1er avril en son absence. Le parquet avait requis une peine plus lourde, demandant huit mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende ainsi qu’un stage de sensibilisation à la lutte contre la haine en ligne. La défense avait plaidé la relaxe.
Une vague de harcèlement après un article de fact-checking
L’affaire trouve son origine dans la publication, en janvier 2024, d’un article de vérification de l’information rédigé par la journaliste de franceinfo. Celle-ci y contestait des affirmations relayées par Booba établissant un lien entre les vaccins contre le Covid-19 et la maladie de Creutzfeldt-Jakob.
À la suite de cet article, plusieurs publications du rappeur sur le réseau X avaient visé la journaliste. Selon Linh-Lan Dao, ces messages avaient déclenché plusieurs semaines de cyberharcèlement de la part d’internautes.
À l’audience, la journaliste avait expliqué avoir été « jetée en pâture » aux plus de six millions d’abonnés du rappeur. Elle avait évoqué la réception de centaines de messages à caractère sexiste, raciste, transphobe ou insultant « J’estime avoir été jetée en pâture par Élie Yaffa à ses 6 millions d’abonnés, tout ça parce que j’ai fait mon travail », avait-elle déclaré.

