Un nouveau front judiciaire s’ouvre pour OpenAI. Le procureur général de Floride, James Uthmeier, a annoncé lundi avoir assigné l’entreprise et son directeur général, Sam Altman, devant un tribunal de Sebring. Le responsable républicain accuse ChatGPT de contribuer à l’addiction de certains jeunes utilisateurs et de pouvoir les encourager à adopter des comportements à risque. « Des gens comme Sam Altman ne devraient pas concevoir ces produits pour être addictifs, attirer des enfants et les encourager à faire des choses dangereuses », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Dans son assignation, le procureur s’appuie notamment sur des travaux universitaires et des rapports d’associations consacrés aux effets des agents conversationnels sur les adolescents. Il cite en particulier une étude de l’université Drexel évoquant des conséquences telles qu’une dégradation du sommeil, une baisse des résultats scolaires ou un isolement social chez certains utilisateurs de chatbots. Cette étude portait toutefois sur Character.AI, un concurrent d’OpenAI.
James Uthmeier reproche également à OpenAI de ne pas mettre en œuvre des dispositifs suffisamment stricts de vérification de l’âge des utilisateurs et invoque des manquements relevant, selon lui, de la négligence et de pratiques trompeuses. La plainte réclame notamment un renforcement des mesures de protection pour les mineurs ainsi que des dommages et intérêts pouvant atteindre 10 000 dollars par infraction. Selon le procureur, les montants en jeu pourraient représenter « des milliards de dollars ».
OpenAI conteste les accusations et rappelle avoir renforcé ses outils de contrôle ces derniers mois. L’entreprise souligne que l’utilisation de ChatGPT est interdite aux moins de 13 ans et soumise à l’autorisation parentale pour les adolescents âgés de 13 à 17 ans. En janvier, elle a également présenté un système destiné à estimer l’âge des utilisateurs afin d’adapter les garde-fous appliqués aux conversations.

