Sophie Binet mise en examen après une plainte en diffamation de Tefal

La secrétaire générale de la CGT a annoncé lundi avoir été mise en examen mécaniquement après une plainte en diffamation déposée par Tefal, à la suite de propos tenus à la Fête de l’Humanité sur une supposée « répression patronale ». Le groupe industriel conteste fermement ces accusations.

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Sophie Binet à la manifestation intersyndicale du 2 octobre 2025 à Paris. © WIKIMEDIA / CC BY 4.0
Sophie Binet à la manifestation intersyndicale du 2 octobre 2025 à Paris. © WIKIMEDIA / CC BY 4.0

La secrétaire générale de la CGT a annoncé, lundi 26 mai, avoir été mise en examen après une plainte en diffamation déposée par Tefal, à la suite de propos tenus en septembre 2025 lors d’un débat à la Fête de l’Humanité. « J’ai appris vendredi que j’étais mise en examen suite au fait que j’ai dénoncé la répression syndicale qui sévit à Tefal », a déclaré la dirigeante syndicale sur France 2. La mise en examen est automatique dans les affaires de diffamation .

Selon la CGT, cette procédure fait suite à une plainte de l’entreprise concernant une déclaration dans laquelle Sophie Binet affirmait que « la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente ». L’entreprise a confirmé l’existence de cette action judiciaire, précisant que la mise en examen avait été notifiée le 12 mars. « Cette procédure concerne des accusations publiques graves et erronées visant l’entreprise, que Tefal conteste fermement », a indiqué le groupe.

Par ailleurs, le directeur de publication du journal L’Humanité, Fabien Gay, est également poursuivi et mis en examen pour avoir laissé diffuser ces propos de Sophie Binet, a-t-il indiqué à France Inter.

Un conflit sur fond de PFAS

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions entre la CGT et le groupe industriel SEB, maison mère de Tefal, autour des conditions de travail et de l’utilisation des PFAS, ces substances chimiques persistantes utilisées notamment dans les revêtements antiadhésifs.

Sophie Binet affirme que le syndicat alerte depuis plusieurs mois sur les risques liés à ces composés chimiques. La coordinatrice CGT du groupe SEB, également membre de la direction confédérale du syndicat, a par ailleurs fait l’objet d’une sanction disciplinaire après avoir demandé des explications sur ces substances, selon la CGT.

L’affaire doit être examinée devant le conseil de prud’hommes le 4 juin. Pour Sophie Binet, cette procédure judiciaire s’inscrit dans une stratégie d’intimidation. « Tefal essaie de bâillonner les syndicalistes qui s’expriment sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions », a-t-elle dénoncé.

Le groupe Tefal réfute toute atteinte à la liberté syndicale. « Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté syndicale, le droit de critique ou le débat public », assure l’entreprise, qui estime toutefois que « la liberté d’expression ne permet pas d’imputer à une entreprise des faits inexacts ». De son côté, la CGT juge les propos reprochés « anodins » et considère qu’une telle procédure pourrait créer un précédent inquiétant. « Sur cette base, la quasi-totalité des syndicalistes du pays pourraient être poursuivis », affirme le syndicat. Sophie Binet appelle désormais le gouvernement et les parlementaires à renforcer la protection juridique de la liberté d’expression syndicale.

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