Elon Musk insulte les magistrats français chargés d’enquêter sur X

Visé par une vaste information judiciaire sur de possibles infractions commises via X et son intelligence artificielle Grok, le milliardaire américain a choisi l’escalade verbale, multipliant insultes, provocations politiques et attaques contre les magistrats français.

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Dessin d'Elon Musk © Dechiffreur / DA
Dessin d'Elon Musk © Dechiffreur / DA

Nouvelle escalade verbale d’Elon Musk contre la justice française. Visé par une information judiciaire à Paris sur de possibles dérives de sa plateforme X (ex-Twitter) , le milliardaire américain a multiplié vendredi les insultes à l’encontre des magistrats chargés du dossier, dans une série de messages publiés… en français. « Ils sont plus faux qu’un euro en chocolat… », a-t-il notamment écrit sur son réseau social X, avant d’ajouter une citation tirée du film Monty Python and the Holy Grail : « Va-t’en avant que je ne t’insulte une deuxième fois ». Quelques heures plus tôt, il avait déjà qualifié les magistrats d’« attardés mentaux ». Une nouvelle sortie outrancière dans un bras de fer judiciaire qui se durcit.

L’affaire dépasse désormais largement la seule question de la modération sur X. Ouverte début 2025 par le parquet de Paris, l’enquête s’est progressivement élargie à plusieurs soupçons graves : manipulation algorithmique du débat public, exploitation frauduleuse de données, diffusion de contenus pédopornographiques, génération de deepfakes sexuels non consentis via Grok, mais aussi diffusion de contenus négationnistes ou contestant des crimes contre l’humanité. Confirmant une information du Monde, le parquet de Paris a annoncé requérir des juges d’instruction la mise en examen des sociétés xAI Holdings Corp., X Corp. et xAI, d’Elon Musk et de Linda Yaccarino, « en les convoquant à cet effet et pour recueillir leurs observations, ou, en cas de carence, en délivrant mandat valant mise en examen ». Et d’ajouter : « Il est encore une fois rappelé que cette procédure […] s’inscrit dans l’objectif de faire respecter le droit et de protéger les personnes victimes d’infraction, tant en ligne que dans la vie réelle. »

Refus de coopérer avec la justice

Convoqué le 20 avril pour une audition libre par la section cybercriminalité du parquet de Paris, Elon Musk ne s’est pas présenté. Son absence n’a pas ralenti la procédure ; elle a au contraire renforcé la détermination des magistrats français à judiciariser l’affaire. Dans le même temps, le ministère américain de la Justice a refusé d’apporter son concours à l’enquête française, dénonçant une tentative de Paris « d’utiliser le système pénal pour réguler l’espace public », au nom d’une conception maximaliste de la liberté d’expression protégée par le premier amendement américain.

Elon Musk n’en est pas à sa première attaque contre des institutions étrangères. Au Brésil, il avait traité le juge Alexandre de Moraes de « dictateur » et de « Voldemort », avant de finir par céder aux injonctions judiciaires après plusieurs semaines de blocage de X. En Australie, il s’en est pris à la commissaire à la cybersécurité, dénoncée comme une « commissaire à la censure ». Là encore, X a fini condamné à une lourde amende.

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