Une enquête ouverte pour « harcèlement raciste » après la plainte d’un gendarme de la Garde républicaine

Un gendarme de 29 ans a déposé plainte pour « harcèlement raciste » au sein de la Garde républicaine. Une enquête est en cours après des accusations portant sur plusieurs années de comportements discriminatoires, selon Mediapart.

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Camions de la gendarmerie (illustration)
Camions de la gendarmerie (illustration) © Max Avans / LUPXL

L’affaire débute le 17 décembre 2025, lorsque ce militaire, affecté à la Garde républicaine, saisit la justice. Il dénonce des faits de racisme répétés qu’il affirme avoir subis durant six années. Selon ses déclarations, il a reçu la veille un courrier anonyme à son domicile contenant des propos explicitement racistes. Le message faisait référence à une tenue traditionnelle algérienne qu’il avait portée dans un cadre privé, indique Mediapart.

Entendu par les gendarmes le 21 janvier 2026, il a détaillé les faits auprès des enquêteurs. La gendarmerie nationale a confirmé qu’« une enquête est en cours », sans que le parquet de Paris ne précise, à ce stade, le périmètre des investigations.

Le plaignant évoque des remarques qu’il juge discriminatoires dès son entrée dans l’institution. Lors d’un premier entretien, son supérieur hiérarchique lui aurait tenu des propos liés à ses origines et à ses pratiques culturelles, en lui demandant notamment de « s’acclimater » et de « se faire très petit ». Il affirme également avoir été confronté à une forme de suspicion persistante de la part de certains collègues. Après une interpellation, certains lui auraient demandé s’il connaissait un suspect en raison de sa langue ou de ses origines.

Un climat de méfiance étendu à la sphère privée

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«On est en France ici habille-toi comme tel sale bougnoule». Un gendarme de la prestigieuse Garde républicaine porte plainte et dénonce 6 ans de souffrances. Il a eu notamment une lettre raciste dans sa boîte. © SEYDI BA / X (TWITTER)

Au-delà du cadre professionnel, le gendarme décrit un climat de défiance touchant également sa vie personnelle. Il indique que ses proches auraient été soumis à des contrôles renforcés lors de leurs visites. Il évoque aussi des démarches intrusives, notamment une tentative d’accès à son logement en son absence et des interrogations sur sa vie familiale. Ces éléments, selon lui, témoignent d’un traitement différencié lié à ses origines.

Son avocat, Seydi Ba, dénonce une situation révélatrice d’un problème plus large. Il estime que le fait que de tels comportements soient allégués au sein d’une institution comme la Garde républicaine interroge sur la persistance des discriminations dans ces milieux. Le plaignant, binational, souligne pour sa part avoir choisi de servir en France, malgré la possibilité de s’installer ailleurs.

Contactée, la gendarmerie nationale rappelle avoir mis en place une politique de « tolérance zéro » vis-à-vis des comportements discriminatoires . Elle évoque notamment l’existence de dispositifs de signalement, de référents spécialisés et d’un Observatoire de la gendarmerie pour l’égalité et contre les discriminations. Selon l’institution, les signalements font l’objet d’un traitement immédiat.

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