En 2022, le suicide d’un agriculteur de l’Oise avait provoqué une vague de colère au sein du monde agricole. La FNSEA et la Coordination rurale avaient immédiatement mis en cause les agent·es de l’Office français de la biodiversité (OFB), car l’agriculteur venait de recevoir une convocation judiciaire pour un débordement de pesticides hors de sa parcelle.
Très vite, les syndicats avaient organisé un rassemblement devant les locaux de l’OFB à Beauvais, allant jusqu’à remettre symboliquement le certificat de décès de l’agriculteur. Pour les agents, cet épisode reste un traumatisme : sur le terrain, certain·es se font encore accuser d’être responsables du drame. Face à la pression politique et syndicale, les ministères de tutelle Christophe Béchu (Transition écologique) et Marc Fesneau (Agriculture), ont ouvert une enquête administrative afin d’évaluer la conduite des inspecteurs.
Les agents de l’OFB mis hors de cause
Révélé par Mediapart, un courrier daté du 23 mars 2023 établit clairement que l’enquête administrative a totalement blanchi les équipes de l’OFB. Les ministres y soulignent « non seulement qu’aucune faute n’a été commise par le service départemental, mais que, en outre, ce dernier a pris soin d’associer la profession agricole en amont et pendant les contrôles […] L’enquête démontre également que les inspecteurs de l’environnement ont fait preuve de pédagogie, de bienveillance et de courtoisie. »
Malgré ces conclusions sans ambiguïté, le document n’a jamais été rendu public. Officiellement présenté comme un simple rapport interne, il aurait en réalité été tenu sous silence pour éviter de froisser les syndicats agricoles majoritaires, selon Mediapart. L’OFB, contacté, n’a pas souhaité réagir sur ce point.

