Au procès de Booba, une journaliste dénonce un cyberharcèlement massif après la publication d’un article de fact-checking

Une journaliste de France Télévisions a accusé mercredi le rappeur Booba de l’avoir exposée à une vague de cyberharcèlement. Le parquet a requis huit mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende.

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Palais de justice à Paris © Laura Paredis / LUPXL
Palais de justice à Paris © Laura Paredis / LUPXL

Devant le tribunal correctionnel de Paris, la journaliste de France Télévisions Linh-Lan Dao a affirmé avoir été « jetée en pâture » aux millions d’abonnés de l’artiste sur le réseau X en janvier 2024, après la publication d’un un article de factchecking scientifique au sujet de ses propos sur les vaccins.

Elle décrit plusieurs semaines de harcèlement en ligne, marquées par des messages ayant eu un impact sur sa vie personnelle et professionnelle. “J’estime avoir été jetée en pâture par Elie Yaffa à ses 6 millions d’abonnés, tout ça parce que j’ai fait mon travail”, a raconté la journaliste, citant des “centaines de tweets sexistes, racistes, transphobes et dénigrants”.

Le parquet, représenté par la procureure Quitterie Cesari, a requis contre Booba une peine de huit mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende ainsi qu’un stage de sensibilisation à la lutte contre la haine en ligne. Absent à l’audience pour raisons de santé, le rappeur Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, conteste les faits. Sa défense plaide la relaxe, estimant qu’il ne peut être tenu responsable des réactions de ses abonnés. Le jugement a été mis en délibéré au 2 juin.

Isabelle Lampart