À Saint-Denis, plusieurs milliers de personnes rassemblées contre le racisme autour du maire Bally Bagayoko

Sur le parvis de l’hôtel de ville de Saint-Denis, plusieurs milliers de personnes se sont réunies samedi à l’appel du maire Bally Bagayoko. Une mobilisation née d’une polémique nationale et d’une vague de réactions après des propos tenus sur CNews.

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Bally Bagayoko, le 4 avril 2026 à Saint-Denis, lors du rassemblement contre le racisme © DECHIFFREUR/ DB
Bally Bagayoko, le 4 avril 2026 à Saint-Denis, lors du rassemblement contre le racisme © DECHIFFREUR/ DB
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En début d’après-midi, la place se remplit progressivement. Des groupes arrivent par petites grappes, drapeaux syndicaux à la main, pancartes improvisées ou slogans soigneusement tracés. La sono diffuse de la musique. « On veut plein de maires noirs contre la peste brune » ou encore « Non à la haine, non au racisme », peut-on lire sur un carton brandi à hauteur de visage. Un peu plus loin, des voix s’élèvent : « Résistance ! Résistance ! ».

Quelques jours plus tôt, des propos tenus à la télévision avaient déclenché une vague d’indignation. Sur CNews, un intervenant avait évoqué des comparaisons jugées racistes à l’encontre du nouveau maire de Saint-Denis. Depuis, les réactions se sont multipliées, tout comme les messages hostiles sur les réseaux sociaux. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « injure publique » à caractère raciste, ainsi qu’une autre pour cyberharcèlement. Le nouveau Maire déplorait un climat marqué par un « racisme plus affirmé » et « quasi débridé » et demande à l’Arcom d’agir en ce sens « Est-ce que nous sommes obligés d’avoir une offre médiatique avec des chaînes racistes comme CNews et d’autres ? Moi je dis que non », a-t-il poursuivi.

Parmi les manifestants, les récits se ressemblent. Nombreux sont venus pour « soutenir Bally » face à des « attaques inadmissibles », « Le racisme, c’est un délit, et on en fait une opinion. » Certains évoquent aussi des tensions politiques plus anciennes, notamment avec le Parti socialiste, présent mais critiqué pour ses prises de position passées durant la campagne municipale.

Pancartes satiriques réalisées par un artiste et brandies lors du rassemblement contre le racisme à Saint-Denis le 4 avril 2026 © DECHIFFREUR/DB
Pancartes satiriques réalisées par un artiste et brandies lors du rassemblement contre le racisme à Saint-Denis le 4 avril 2026 © DECHIFFREUR/DB
« Le racisme mène au fascisme ». 4 avril 2026 à Saint-Denis © DECHIFFREUR / DB
4 avril 2026 à Saint-Denis © DECHIFFREUR / DB
« Onfray, tu nous effraies ». 4 avril 2026 à Saint-Denis © DECHIFFREUR / DB
« Protégeons nous, en ce moment il facho ». 4 avril 2026 à Saint-Denis © DECHIFFREUR / DB
« Non à la Haine, non au racisme ». 4 avril 2026 à Saint-Denis © DECHIFFREUR / DB
Pancartes satiriques réalisées par un artiste et brandies lors du rassemblement contre le racisme à Saint-Denis le 4 avril 2026 © DECHIFFREUR/DB

« Nous sommes la France »

Lorsque Bally Bagayoko prend la parole, la place est désormais pleine. Il évoque une « campagne de haine » et appelle à une mobilisation collective contre le racisme. « Nous sommes la France », lance-t-il à plusieurs reprises, repris par la foule. Le maire, élu dès le premier tour le 15 mars, dénonce « des institutions défaillantes » et un climat qu’il juge de plus en plus permissif à l’égard des discriminations.

À ses côtés, Jean-Luc Mélenchon évoque « une vague de racisme » qu’il attribue à certains milieux politico-médiatiques. Sur scène, les élus se succèdent. Autour du maire, plusieurs figures de la gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, David Guiraud, prennent place. La présidente de la Ligue des Droits de l’Homme Nathalie Tehioainsi ainsi que le président de SOS Racisme Dominique Sopo figuraient également parmi les participants, aux côtés de forces syndicales, collectifs et membres de la société civile.

Danièle Obono, Mathilde Panot et Bally Bagayoko (de gauche à droite), le 4 avril 2026 à Saint-Denis pour le rassemblement contre le racisme ©DECHIFFREUR/DB
Bally Bagayoko, Maire de Saint-Denis et David Guiraud, Maire de Roubaix. Le 4 avril 2026 ©DECHIFFREUR/DB
Le député LFI Eric Coquerel, le 4 avril 2026 lors du rassemblement à Saint-Denis ©DECHIFFREUR/DB

Au premier plan, Nadège Abomangoli, députée et vice-présidente de l’Assemblée nationale ©DECHIFFREUR/DB
Au premier plan, Aly Diouara, Maire de la Courneuve, le 4 avril 2026 à Saint-Denis ©DECHIFFREUR/DB
Diangou Traoré, colistière du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko et figure des luttes contre le mal-logement et les violences policières, le 4 avril 2026 au rassemblement contre le racisme © DECHIFFREUR/DB
Diangou Traoré, colistière du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko et figure des luttes contre le mal-logement et les violences policières, le 4 avril 2026 au rassemblement contre le racisme © DECHIFFREUR/DB
La présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, Nathalie Tehioainsi, (au centre) ainsi que le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, (à droite), le 4. avril 2026 au rassemblement de Saint-Denis © DECHIFFREUR / DB
Bally Bagayoko, le 4 avril 2026, devant l’hotel de ville de Saint-Denis ©DECHIFFREUR/DB
Assa Traoré, militante antiraciste française, sœur aînée d'Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes. Fondatrice du Comité vérité et justice pour Adama. Elle était présente ce samedi 4 avril à Sain-Denis pour soutenir le Maire Bally Bagayoko © DECHIFFREUR / DB
Assa Traoré, militante antiraciste française, sœur aînée d’Adama Traoré, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes. Fondatrice du Comité vérité et justice pour Adama. Elle était présente ce samedi 4 avril 2026 à Saint-Denis pour soutenir le Maire Bally Bagayoko © DECHIFFREUR / DB
Membres de l'EDR (Espoir, Dignité, Résistance), collectif fondé en mars 2025 pour lutter contre l'islamophobie, dont Manès Nadel est le porte-parole. 4 avril 2026 à Saint-Denis lors du rassemblement contre le racisme à l'appel de Bally Bagayoko © DECHIFFREUR/DB
Membres de l’EDR (Espoir, Dignité, Résistance), collectif fondé en mars 2025 pour lutter contre l’islamophobie. Manès Nadel, Yassine Benyettou et Sodia Tizaoui (de gauche à droite). 4 avril 2026 à Saint-Denis lors du rassemblement contre le racisme et en soutien à Bally Bagayoko © DECHIFFREUR/DB
HK & Les Saltimbanks « On lache rien », le 4 avril 2026 à Saint-Denis ©DECHIFFREUR/DB

La manifestation se conclut par une Marseillaise, entonnée face à l’hôtel de ville. Selon une source policière, environ 6 000 personnes ont participé au rassemblement, sans incident. Avant de quitter la tribune, Bally Bagayoko annonce déjà la suite : un nouveau rendez-vous est fixé au 3 mai, cette fois à Paris, pour prolonger la mobilisation contre le racisme. En toile de fond, la polémique reste vive. La chaîne CNews conteste tout propos raciste, tandis que l’Arcom poursuit l’examen des séquences signalées et que la justice poursuit ses investigations.

Déchiffreur (texte) et D.B. (photos)