Violences dans le périscolaire à Paris : deux animatrices suspendues après l’enquête de « Cash Investigation »

Après la diffusion d’images montrant des violences envers des enfants dans une école parisienne dans l'émission « Cash Investigation », la Ville de Paris a annoncé la suspension de deux animatrices et l’ouverture d’une enquête administrative.

Lecture 4 min.
Illustration. © JACKY. T. R. CHOU

La Ville de Paris a réagi ce vendredi à l’enquête diffusée la veille dans l’émission « Cash Investigation », consacrée aux défaillances du périscolaire. La municipalité annonce la suspension avec effet immédiat de deux animatrices exerçant à l’école Saint-Dominique, située dans le 7ᵉ arrondissement de Paris. Ces mesures font suite à la diffusion d’images montrant des violences à l’encontre d’enfants accueillis dans le cadre périscolaire. La Ville précise avoir confié une enquête administrative à l’inspection générale afin de faire la vérité sur les faits mis en lumière par l’émission présentée par Elise Lucet.

Des comportements jugés inappropriés

En parallèle, un signalement a été adressé au parquet sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale, qui impose à toute autorité ayant connaissance d’un crime ou d’un délit d’en informer la justice. La municipalité indique également avoir déposé plainte. Le service départemental de la jeunesse, de l’engagement et des sports a lui aussi été saisi. Cette autorité pourrait décider d’interdire aux personnes concernées d’exercer toute activité professionnelle auprès d’enfants.

L’enquête de « Cash Investigation » recueille notamment des témoignages de parents affirmant que leurs signalements de comportements suspects n’ont pas été pris en compte. Elle met aussi en lumière l’absence de cadre structuré pour le recrutement des animateurs périscolaires. Parmi les faits évoqués : des comportements inappropriés, dont une scène montrant une animatrice embrassant un enfant sur la bouche au sein de cette école maternelle parisienne.

La Ville de Paris indique qu’un premier échange a eu lieu avec les parents de l’école concernée et qu’une réunion associant la municipalité et la mairie du 7ᵉ arrondissement s’est tenue le jour même. Une cellule d’écoute psychologique, assurée par des professionnels de la protection de l’enfance, a été mise en place à destination des parents. La mairie précise partager « la colère provoquée par ces images inadmissibles » et affirme vouloir agir « avec la plus grande fermeté » face à toute forme de violence ou de maltraitance envers les enfants.

Depuis novembre, la Ville de Paris dit avoir engagé un plan d’action renforcé dans le secteur périscolaire. Celui-ci prévoit une formation obligatoire pour l’ensemble des encadrants, un durcissement des procédures de recrutement et un meilleur suivi des signalements, en coordination avec le rectorat. Le budget 2026 prévoit par ailleurs la création de 63 postes supplémentaires ainsi que des moyens renforcés pour la formation et l’encadrement des équipes.

Des signalements également au niveau national

De son côté, le ministre de l’éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé procéder à plusieurs signalements à la justice sur le fondement de l’article 40, à la suite de la diffusion de l’enquête. Celle-ci s’intéresse également à des dysfonctionnements et des violences dans des établissements privés catholiques sous contrat, notamment dans le Haut-Rhin et en Vendée.

Le ministre a indiqué engager sans délai les procédures de contrôle et de sanction relevant des pouvoirs administratifs de l’éducation nationale, sans préciser les établissements ou personnels concernés.

Isabelle Lampart