Vincent Bolloré convoqué fin février par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public

Le milliardaire conservateur Vincent Bolloré sera auditionné fin février par la commission d’enquête parlementaire consacrée à l’audiovisuel public. Cette convocation, annoncée mercredi par le président de la commission, le député Jérémie Patrier-Leitus. Il sera interrogé sur le cas de Jean-Marc Morandini, maintenu à l'antenne de Cnews, après sa condamnation définitive pour « corruption de mineurs »

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Vincent Bolloré avait été convoqué en mars 2024, lors de la commission d'enquête sur la TNT © LCP / Capture d'écran

Mercredi, Jérémie Patrier-Leitus, député (Horizons) et président de la commission, a déclaré sur franceinfo qu’il allait convoquer Vincent Bolloré. L’audition est prévue au cours des deux dernières semaines de février. Vincent Bolloré est convoqué en raison de son rôle d’actionnaire majoritaire de Banijay. Cette société de production fournit des programmes aussi bien à l’audiovisuel public qu’à des chaînes privées.

Le cas Morandini au centre des interrogations

Interrogé sur Jean-Marc Morandini, Jérémie Patrier-Leitus a indiqué que cette audition serait l’occasion pour Vincent Bolloré de s’expliquer. Condamné définitivement pour corruption de mineurs, l’animateur reste à l’antenne de CNews, une situation que le député juge « pas normale ». Il a également soulevé une comparaison avec le service public : si un présentateur de France Télévisions ou de Radio France était condamné dans des conditions similaires, la réaction serait, selon lui, immédiate.

Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs. Les faits concernent des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Par ailleurs, le 22 janvier, l’animateur a renoncé à contester une autre condamnation, cette fois pour harcèlement sexuel dans un dossier distinct, ce qui a rendu cette décision définitive. Il est par ailleurs visé par une nouvelle plainte pour « tentative de corruption de mineurs » mais pour des faits prescrits, a-t-on appris vendredi 6 février, auprès du parquet de Lille, confirmant une information de Mediapart. Contactée par Le Monde, l’avocate de l’animateur, Me Florence Rault, a indiqué ne pas avoir « à faire [ de commentaire ]dans l’immédiat .»

Le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne a suscité de vifs débats au sein même de CNews. Plusieurs figures de la chaîne, dont Sonia Mabrouk, Pascal Praud et Laurence Ferrari, ont pris leurs distances. Dimanche, Philippe de Villiers, qui anime une émission sur CNews, ainsi que le Journal du Dimanche, autre média appartenant à la galaxie Bolloré, ont également exprimé leur désapprobation. CNews appartient au groupe Canal+, dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence. Depuis 2019, l’Arcom a réprimandé CNews à 24 reprises et infligé 530 001 euros d’amendes, selon le décompte effectué par Mediapart.

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