Plusieurs députés lancent une mission parlementaire consacrée à la gestion de la crise des laits infantiles, marquée par des rappels massifs depuis fin 2025. Co-rapportée par Mathilde Hignet (LFI-NFP) et Michel Lauzzana (Renaissance), cette mission doit analyser à la fois « la responsabilité des multinationales » et « la stratégie de l’État ». Ses conclusions sont attendues d’ici juin.
Une vague de rappels liée à une toxine
L’affaire débute en décembre dernier avec des rappels initiés par Nestlé, avant de s’étendre début 2026 à une soixantaine de pays. En cause : la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements chez les nourrissons. D’autres groupes, comme Danone ou Lactalis, ont ensuite procédé à des rappels similaires. Tous les produits concernés contenaient un ingrédient commun fourni par un sous-traitant chinois.
À ce stade, les effets sur la santé des bébés restent difficiles à établir. En Belgique, plusieurs hospitalisations ont été liées à la consommation de laits infantiles contaminés. En France, deux décès de nourrissons font l’objet d’investigations, sans lien formel établi à ce jour. La présence de la toxine a néanmoins été détectée dans les analyses d’un enfant hospitalisé.
La gestion de la crise vivement critiquée par des familles et associations
La mission parlementaire devra examiner plusieurs critiques formulées par des familles et associations. Celles-ci portent notamment sur la rapidité des rappels, jugés tardifs, sur les capacités d’analyse jugées insuffisantes en France, ainsi que sur les recommandations adressées aux professionnels de santé.
Le Conseil d’État, saisi en urgence, a toutefois estimé que l’action des autorités n’avait pas porté atteinte à la santé des nourrissons.
Les travaux débutent par l’audition à huit clos d’associations et de représentants de familles. Suivront les autorités sanitaires françaises, puis des agences européennes. Les industriels, dont Nestlé, Danone et Lactalis, seront auditionnés à la fin du mois.
