L’affaire débute en 2022, à la brigade territoriale de Hiersac, à l’ouest d’Angoulême. La gendarme fait alors la connaissance d’un homme de 90 ans, installé dans un village charentais après une carrière dans l’agroalimentaire. Selon la Charente Libre, qui a révélé les faits, elle commence par lui rendre service, avant d’être soupçonnée d’avoir profité de sa vulnérabilité pour détourner des Louis d’or et des titres boursiers. Le préjudice est estimé à environ un million d’euros.
Un changement de vie remarqué par ses collègues
Un ancien collègue assure avoir été frappé par son changement de train de vie, notamment un jour où elle fait son arrivée en Porsche à la brigade. Devenue officier de police judiciaire en 2024, la jeune femme est interpellée en mai 2025, mise en examen et brièvement écrouée. Elle a depuis été placée sous contrôle judiciaire et a quitté la gendarmerie.
Cette semaine, les gendarmes de Cognac ont interpellé sa mère, deux anciens compagnons et deux de ses sœurs, entre la Normandie et la Charente. Suspectés d’avoir bénéficié d’avantages financés par l’argent détourné, ils sont poursuivis pour recel et blanchiment et soumis à un contrôle judiciaire avec interdiction de se contacter. Le parquet d’Angoulême ne commente pas l’affaire, toujours en cours d’instruction.
La défense conteste toute fraude
L’avocate de la mise en cause, Me Céline Bekerman, rejette les accusations.
Selon elle, « Il n’y a eu ni soustraction ni manœuvre : ce sont des cadeaux. Une relation quasi filiale s’est installée, et cet homme était parfaitement lucide. » Elle évoque des « jalousies » internes et rappelle que la générosité du retraité, décédé en avril 2025, ne saurait constituer un abus de faiblesse sans preuve de vulnérabilité.
L’infraction d’abus de faiblesse est passible de trois ans de prison et 375 000 euros d’amende. Pour l’heure, elle bénéficie de la présomption d’innocence.
