Ultradroite: sept hommes, dont deux militaires et un ex-policier, renvoyés devant la justice

Sept hommes, dont deux militaires et un ancien policier, seront jugés pour leur implication présumée dans un trafic d’armes lié à la mouvance d’ultradroite. Six d’entre eux sont également soupçonnés d’avoir envisagé des actions violentes. Le procès est prévu du 23 juin au 3 juillet.

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Palais de Justice d'Amiens (Somme) © DECHIFFREUR / LF-DB
Palais de Justice d'Amiens (Somme) © DECHIFFREUR / LF-DB

L’affaire porte sur un réseau présumé de revente d’armes, mettant en cause notamment un jeune militaire accusé d’avoir acheté du matériel auprès d’un policier à la retraite avant de le revendre par colis à des clients issus de la mouvance d’ultradroite. Un second militaire est, lui, soupçonné d’avoir fourni des grenades. Les investigations ont également mis au jour des échanges sur la messagerie Telegram, où étaient évoqués des projets de formation au combat.

Selon les éléments de l’enquête, certains mis en cause auraient mentionné des mosquées comme cibles potentielles. Les juges ont retenu des qualifications liées au terrorisme pour six des prévenus. Le Parquet national antiterroriste souligne que la menace d’ultradroite violente constitue aujourd’hui un sujet de préoccupation majeur, en raison notamment de sa diffusion sur les réseaux sociaux et le dark web.

Une enquête déclenchée en 2023

Les investigations ont débuté en juin 2023, après une intervention des gendarmes au domicile d’un jeune homme près de Chambéry. L’exploitation de ses données en ligne a révélé l’existence d’un trafic d’armes impliquant plusieurs individus partageant des références idéologiques communes. Lors d’une perquisition, des armes, des munitions et des symboles liés à l’idéologie néonazie ont été découverts chez l’un des militaires.

Six hommes seront jugés pour association de malfaiteurs terroriste, tandis qu’un septième, mineur au moment des faits, sera jugé par un tribunal pour enfants. Concernant l’ancien policier, les juges ont estimé que son implication dans le trafic d’armes ne pouvait pas être reliée à une entreprise terroriste.

Du côté de la défense, peu d’éléments ont été rendus publics. La mère du prévenu mineur conteste les accusations visant son fils, évoquant une absence d’adhésion idéologique et dénonçant un « acharnement judiciaire ». Les avocats des autres mis en cause ne se sont pas exprimés à ce stade.

Isabelle Lampart