Procès de la mort d’Elisa Pilarski : Christophe Ellul face aux juges à Soissons

Le procès de Christophe Ellul, poursuivi pour homicide involontaire après la mort d’Elisa Pilarski en 2019, s’ouvre ce mardi au tribunal de Soissons. L’enquête a attribué à Curtis, le chien du prévenu, la responsabilité des blessures mortelles infligées à la jeune femme alors enceinte, un point que la défense continue de contester.

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Palais de Justice d'Amiens (Somme) © DECHIFFREUR / LF-DB
Palais de Justice d'Amiens (Somme) © DECHIFFREUR / LF-DB

Christophe Ellul, 51 ans, placé sous contrôle judiciaire en 2021 et entendu à plusieurs reprises au cours de l’instruction, comparaît libre à partir d’aujourd’hui jusqu’à jeudi au tribunal de Soissons. Les faits se sont déroulés le 16 novembre 2019 dans une forêt de l’Aisne, où Elisa Pilarski promenait Curtis. Les éléments réunis par les enquêteurs ont conduit le parquet à estimer que le prévenu ne pouvait ignorer les risques que représentait cet animal.

Les expertises ont montré que Curtis n’était pas un croisement de type Whippet Griffon, comme indiqué initialement, mais un American Pitbull Terrier, une race dont l’acquisition est interdite en France. Ce dernier avait été importé des Pays Bas. Les analyses ont aussi relevé un apprentissage au mordant, pratique interdit sur le territoire. Selon l’instruction, cet entraînement rendait l’animal difficile à maîtriser dans certaines situations d’excitation. Il vit aujourd’hui dans un chenil, selon l’avocat de la famille de la victime.

Des versions opposées qui s’affronteront à l’audience

Lorsque le corps d’Elisa Pilarski a été découvert, les premières observations ont donné lieu à plusieurs hypothèses. Une chasse à courre se déroulait dans la même zone au cours de l’après midi et Christophe Ellul a affirmé avoir aperçu des chiens de chasse à proximité de la victime. Les analyses réalisées par la suite se sont toutefois concentrées sur la morphologie de Curtis et sur son ADN, retrouvé sur le cuir chevelu de la jeune femme. L’ADN d’Elisa Pilarski a par ailleurs été retrouvé sur plusieurs parties du chien. Ces éléments ont conduit les enquêteurs à écarter la piste d’une attaque par une meute de chasse.

Dans le dossier, l’avocat de la famille d’Elisa Pilarski cite un message envoyé par Christophe Ellul à sa compagne alors qu’il se rendait dans la forêt pour la rejoindre, où il indique qu’il fera euthanasier le chien. La défense, représentée par Me Alexandre Novion, conteste fermement cette analyse et entend démontrer que les expertises présentent des biais méthodologiques.

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