Menaces visant Amine Kessaci : le Pnaco se saisit de l’enquête autour du militant marseillais engagé contre le narcotrafic

Les magistrats du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) ont repris l’enquête ouverte après une alerte de sécurité visant Amine Kessaci, militant marseillais devenu l’une des figures de la mobilisation contre le narcotrafic. Exfiltré en urgence avant un meeting à Aix-en-Provence, le jeune homme affirme rester déterminé à poursuivre son engagement malgré les risques.

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Les procureurs parisiens du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), avec l’appui de l’Office central de lutte contre la criminalité organisée ainsi que de la direction zonale de la police nationale sud, se sont saisis de l’enquête ouverte autour de soupçons de menaces visant Amine Kessaci, militant marseillais engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Interrogé vendredi, le Pnaco a précisé avoir repris ce dossier, diligenté en flagrance pour des faits qualifiés de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime en bande organisée ». Cette entité, créée en janvier, intervient sur les affaires les plus complexes de criminalité organisée, fréquemment liées aux réseaux de trafic de drogue.

Une exfiltration en urgence avant un meeting à Aix-en-Provence

La veille, Amine Kessaci, âgé de 22 ans, a dû être exfiltré en urgence avant un meeting à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), en raison d’une « menace imminente », selon ses déclarations à la presse. Les circonstances précises de cette alerte de sécurité n’ont toutefois pas été rendues publiques. C’est cet épisode qui a entraîné l’ouverture d’une enquête, révélée initialement par Le Parisien. Le militant devait participer à une conférence de presse précédant un meeting du député socialiste Marc Pena, candidat d’une union de la gauche à la mairie d’Aix-en-Provence.

Amine Kessaci vit sous protection policière depuis août. Deux de ses frères ont été assassinés. Le 13 novembre, la mort de Mehdi Kessaci, 20 ans, avait bouleversé Marseille. Là encore, c’est le Pnaco qui est en charge de l’enquête. La famille avait déjà été endeuillée en 2020 avec la mort du grand frère Brahim, impliqué dans le trafic, dont le corps avait été retrouvé carbonisé.

« Tenir tête » malgré les menaces

Malgré ces événements, Amine Kessaci affirme vouloir poursuivre son engagement. « Je veux dire toute ma détermination (…) à tenir tête. » Reconnaissant que les conditions de campagne pourraient évoluer, il a évoqué d’autres formes d’action : interventions médiatiques, présence sur les réseaux sociaux, ou réponses aux sollicitations de la presse. Étudiant en droit, il avait également été candidat du Nouveau Front populaire (NFP) à Marseille lors des élections législatives de 2024.

Amine Kessaci est engagé avec le « Printemps Marseillais », coalition de partis de gauche et écologistes menée par Benoît Payan, maire sortant de Marseille. Aux côtés du militant, Benoît Payan a dénoncé un enjeu qui dépasse la seule sécurité : « Le défi qui nous est lancé par les narcotrafiquants, c’est un défi à la République », a-t-il déclaré.

Isabelle Lampart