L’organisation de protection animale a saisi le procureur de la République après la diffusion d’une série de vidéos dans lesquelles l’influenceur affirmait, en larmes, que son chien avait été enlevé. De nombreux utilisateurs et associations avaient relayé l’information, inquiets pour l’animal.
Selon YouCare, cette mise en scène relève d’une « pratique commerciale trompeuse ». Les avocats de l’association ont été mandatés pour demander des sanctions judiciaires, dans l’espoir de mettre un terme à ce qu’ils considèrent comme un détournement lucratif de la cause animale. La loi du 9 juin 2023 sur les pratiques commerciales des influenceurs impose un cadre strict aux créateurs de contenus, les assimilant à des acteurs commerciaux tenus de respecter leurs publics. Tromper son audience dans un objectif de monétisation est explicitement proscrit.
Une mise en scène suivie par des millions d’internautes
Mais face aux incohérences relevées sur les réseaux sociaux et à la multiplication des interrogations des utilisateurs, l’influenceur a fini par reconnaître avoir orchestré cet enlèvement. YouCare estime que cette manipulation lui aurait permis de toucher des revenus se chiffrant en « dizaines de milliers d’euros », ce que réfute l’influenceur aux millions d’abonnés.
YouCare alerte également sur l’effet de « l’histoire qui crie au loup ». Selon l’ONG, la multiplication de fausses alertes crée une forme de lassitude du public qui peut, à terme, affaiblir la réactivité lors de véritables cas de maltraitance ou de disparition d’animaux.
Thomas Moreau, président de l’ONG, a dénoncé une dérive inquiétante : « Nous ne pouvons pas accepter que la souffrance animale, même simulée, devienne un levier marketing pour gonfler des statistiques publicitaires. Quand un influenceur ment sur un drame pour gagner de l’argent, il vole le temps et l’émotion de millions de personnes. Il affaiblit la portée des vrais appels à l’aide. Nous demandons à la justice de sanctionner fermement cette dérive pour éviter qu’elle ne devienne une mode. »
Contacté pour réagir à l’annonce de cette plainte, Cyril Schreiner , n’a pour l’heure pas répondu à notre demande.
