Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste, est mort dimanche à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille lundi à l’AFP. Figure de la gauche française, il avait occupé plusieurs fonctions importantes, notamment celles de ministre de l’éducation nationale sous François Mitterrand et de premier secrétaire du Parti socialiste à deux reprises. En janvier, il avait indiqué avoir subi « une opération sérieuse », sans en préciser la nature.
L’artisan de la « gauche plurielle »
Arrivé à Matignon après la victoire de la gauche aux législatives de 1997, Lionel Jospin avait dirigé un gouvernement réunissant socialistes, communistes et écologistes. Son passage au pouvoir a été marqué par plusieurs réformes structurantes, dont la mise en place des 35 heures, la création de la couverture maladie universelle (CMU) et l’instauration du Pacs. Il s’était également distingué par une exigence de probité, affirmant qu’un ministre mis en examen ne pouvait rester en fonction.
Candidat à l’élection présidentielle de 2002, Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour, au profit du candidat antisémite d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen. Ce revers avait provoqué un séisme politique. Le soir même, il annonçait son retrait de la vie politique, dans une déclaration restée marquante.
Après une période de retrait, Lionel Jospin était revenu ponctuellement dans le débat public. Il avait notamment présidé une commission sur la moralisation de la vie politique et siégé au Conseil constitutionnel à partir de 2014.
Hommages au-delà des clivages politiques
De nombreuses personnalités politiques ont salué sa mémoire. Jean-Luc Mélenchon a évoqué « un modèle d’exigence et de travail », tandis que François Hollande a rendu hommage à un « homme engagé ».
À gauche comme à droite, plusieurs responsables ont souligné son intégrité et son sens de l’État. Emmanuel Macron a salué « un grand destin français », quand Gérard Larcher a évoqué une figure attachée à « l’universalisme républicain ».
