L’affaire débute par une plainte déposée en octobre 2021. Selon le parquet, une jeune femme de 20 ans, qui a souhaité garder l’anonymat, explique avoir passé la soirée dans la boîte de nuit « The Key », dans le IXᵉ arrondissement de Paris. Invitée par un promoteur avec deux amies, elle y rencontre pour la première fois le rappeur Naps, installé à une table avec son cousin et manager, un garde du corps, un journaliste sportif et un ami de ce dernier.
Serveuse dans un restaurant, alors en arrêt maladie, Elle confiera aux enquêteurs qu’elle ne se sentait pas en forme ce soir-là mais qu’elle avait tenu à sortir « pour se changer les idées ». Vers 4 h 30 du matin, Nabil Boukhobza, plus connu sous le nom de Naps, propose de poursuivre la soirée dans son hôtel, à proximité de la gare de Lyon. Le petit groupe s’y rend. Au fil des heures, cannabis, alcool et protoxyde d’azote sont consommés. Les amies de la plaignante décrivent une ambiance festive qui s’étiole peu à peu. Les téléphones sont laissés à l’entrée de la chambre. Les amis du rappeur quittent progressivement les lieux. Ne restent alors que lui et les trois jeunes femmes.
Tous se couchent dans le même lit, sans se dévêtir, épuisés par la nuit. La plaignante raconte avoir été « dans les vapes », « entre le réveil et le sommeil », lorsqu’elle sent quelqu’un lui baisser ses sous-vêtements. Elle décrit ensuite avoir été réveillée par « la douleur d’une pénétration vaginale » et affirme avoir tenté de repousser le rappeur. À leur départ de l’hôtel, vers 10 heures, elle reste silencieuse. C’est l’une de ses amies qui l’encourage à déposer plainte.
Les examens médicaux relèvent la présence d’ADN de Nabil Boukhobza sur les vêtements de la jeune femme ainsi qu’une lésion au niveau de l’hymen. Pour le parquet, ces éléments, conjugués aux témoignages « constants » des deux amies affirmant qu’Emma dormait, laissent penser qu’elle « était susceptible de ne pas être en état d’exprimer un consentement libre et éclairé ».
La défense du rappeur soutient au contraire qu’il s’agissait d’une relation sexuelle consentie. Naps a déclaré aux enquêteurs que la jeune femme aurait « émis des gémissements de plaisir ». Ses avocats indiquent vouloir « prouver qu’il est innocent dans cette affaire » et réservent leurs déclarations à la cour. « Ma cliente est prête à soutenir devant la juridiction les faits de viol qu’elle a dénoncés, avec la même détermination que celle dont elle fait preuve depuis le dépôt de sa plainte », a déclaré l’accusation à la presse via la voie de son avocat, Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod.