Le groupe Emeis a annoncé que son conseil d’administration proposerait la nomination d’Olivier Dussopt à sa présidence, confirmant une information de La Lettre parue au debut du mois de mars dernier. Cette désignation devra être validée lors de l’assemblée générale prévue le 23 juin. Guillaume Pepy, en poste depuis juillet 2022, a décidé de se tourner vers d’autres projets et n’a pas souhaité prolonger son mandat.
Un ancien ministre à la tête d’un groupe fragilisé par une enquête journalistique révèlant un scandale
Âgé de 47 ans, le macroniste Olivier Dussopt a été ministre délégué chargé des Comptes publics entre 2020 et 2022, puis ministre du Travail, du Plein-emploi et de l’Insertion de 2022 à 2024. Il a notamment porté la réforme des retraites de 2023. Parallèlement, le conseil d’administration prévoit de proposer le renouvellement de Laurent Guillot au poste de directeur général. Le groupe salue « l’immense travail accompli » pour redresser et refonder l’entreprise. Emeis, présent dans une vingtaine de pays, a réalisé un chiffre d’affaires de 5,9 milliards d’euros en 2025. Désormais détenu majoritairement par un groupement d’actionnaires mené par la Caisse des dépôts, le groupe accueille chaque année près de 280 000 résidents et patients dans ses établissements, notamment des Ehpad et des cliniques.
Le groupe cherche à restaurer sa crédibilité après la crise traversée et à consolider sa gouvernance. Emeis, anciennement Orpea, avait été pointé du doigt en janvier 2022 dans le livre enquête Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet. Cette enquête minutieuse de trois années a mis en lumière les dérives du groupe Orpea, accusé de privilégier des logiques de rentabilité au détriment des résidents. Témoignages à l’appui, elle décrit un système marqué par des maltraitances, des restrictions budgétaires, un manque chronique de personnel et des pratiques de rationnement.
Face à l’émotion suscitée par les rélévations, le gouvernement d’alors avait annoncé que les 7 500 Ehpad de France seraient contrôlés d’ici à deux ans et contraints à plus de transparence quant à leurs prestations et leur utilisation des deniers publics. Le plan de contrôles des Ehpad lancé après le scandale Orpea, en 2022, avait permis d’identifier 55 établissements, qui ont été condamnés à des « sanctions graves », annonçait l’ancienne ministre de l’autonomie, Charlotte Parmentier-Lecocq, dans une émissio diffusée sur France 2 le mardi 25 mars 2025.
