Incendie meurtrier de Crans-Montana : une instruction pénale ouverte contre un ancien responsable de la sécurité

L’enquête sur l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes dans la nuit du Nouvel An, connaît une nouvelle étape. Le ministère public du Valais a ouvert une instruction pénale contre un ancien chargé de sécurité de la commune.

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Un incendie meurtrier a frappé un bar de Crans-Montana dans la nuit du Nouvel-An.

Le ministère public du Valais a ouvert une instruction pénale contre un ancien chargé de sécurité de la commune de Crans-Montana, a révélé mercredi la Radio Télévision Suisse (RTS). Cet ancien responsable était notamment en charge de plusieurs contrôles incendie au sein du bar Le Constellation, lieu de l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Selon la RTS, il doit être auditionné le 9 février. Les charges exactes retenues contre lui n’ont pas été précisées à ce stade. Son avocat a confirmé l’existence de cette procédure à la télévision publique suisse.

L’incendie du bar Le Constellation a provoqué la mort de 40 personnes et fait 116 blessés. Les victimes étaient majoritairement des adolescents et de jeunes adultes, parmi lesquels figuraient des ressortissants français et italiens. D’après les premiers éléments de l’enquête, l’incendie meurtrier aurait été déclenché par des étincelles issues de bougies dites « fontaine », utilisées lors de festivités. Ces étincelles auraient enflammé une mousse insonorisante installée au plafond du sous-sol de l’établissement, entraînant la propagation rapide du feu.

Des manquements aux contrôles de sécurité reconnus

L’enquête en cours doit permettre d’établir précisément les circonstances de l’incendie, le respect des normes de sécurité et la chaîne des responsabilités. La commune de Crans-Montana a reconnu avoir failli dans l’exécution de certains contrôles de sécurité et incendie au sein de l’établissement, notamment depuis l’année 2019.

En tant que propriétaires de l’établissement, Jacques et Jessica Moretti, un couple de ressortissants français, font l’objet d’une instruction pénale pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Jacques Moretti a été placé en détention provisoire le 9 janvier, avant d’être libéré le 23 janvier après le versement d’une caution. Il demeure, comme son épouse, soumis à des mesures de contrainte.

Cette libération a suscité de vives réactions, notamment en Italie. La cheffe d’extrême droite du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a exprimé samedi sa « vive indignation » à la suite de la remise en liberté de Jacques Moretti. Dans la foulée, Rome a exigé la création d’une équipe conjointe d’enquêteurs italo-suisses. Le gouvernement italien a averti que son ambassadeur en Suisse, rappelé samedi en signe de protestation, ne reprendrait pas ses fonctions tant que cette demande ne serait pas satisfaite.

Mercredi, le gouvernement suisse a indiqué avoir examiné les critiques italiennes. « Il comprend le choc que cette catastrophe a également provoqué en Italie. Il partage la demande d’une enquête approfondie et professionnelle sur les causes et les responsabilités de l’accident », a déclaré la porte-parole du gouvernement suisse, Nicole Lamon, à l’issue d’une réunion ministérielle. Selon elle, la Suisse a reçu une demande d’entraide judiciaire italienne le 13 janvier, transmise le lendemain au ministère public valaisan, qui doit se prononcer d’ici à la fin de la semaine.

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