Gaza : dix pays appellent Israël à garantir l’accès à l’aide humanitaire face à une situation toujours jugée « catastrophique »

Face à une situation humanitaire toujours jugée « catastrophique » dans la bande de Gaza, les ministres des Affaires étrangères de dix pays, dont la France et le Royaume-Uni, ont exhorté les autorités israéliennes à garantir un accès durable à l’aide humanitaire et à permettre aux organisations internationales de poursuivre leurs opérations sans interruption.

Illustration. Gaza, le 27 octobre 2023 © MUSA ALZANOUN / PXL
Illustration. Gaza, le 27 octobre 2023 © MUSA ALZANOUN / PXL

Dans un communiqué conjoint diffusé mardi, les chefs de la diplomatie du Canada, du Danemark, de la Finlande, de la France, de l’Islande, du Japon, de la Norvège, de la Suède, de la Suisse et du Royaume-Uni font part de leur « profonde inquiétude » face à la nouvelle dégradation de la situation humanitaire à Gaza. Ils soulignent que les conditions de vie restent extrêmement précaires pour la population du territoire palestinien, qui compte environ 2,2 millions d’habitants.

Les ministres rappellent que 1,3 million de personnes ont toujours un besoin urgent d’abris. À cette fragilité s’ajoute l’état du système de santé, lourdement affecté : plus de la moitié des établissements médicaux ne fonctionnent que partiellement. La situation alimentaire reste également préoccupante. Environ 1,6 million de personnes sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë, accentuant la dépendance à l’aide humanitaire internationale, selon les chefs de la diplomatie.

L’avenir incertain des ONG internationales

Au cœur du communiqué figure un appel direct au gouvernement israélien afin qu’il « veille à ce que les ONG internationales puissent opérer à Gaza de manière durable et dans un cadre prévisible ». Israël a mis en place des procédures strictes d’enregistrement pour les organisations humanitaires. Une forte incertitude qui remet en doute l’avenir de leurs interventions, celles-ci devant être fixées sur leur sort d’ici au 31 décembre. Les ministres estiment que plusieurs ONG internationales partenaires reconnues pourraient être radiées.

Une telle radiation pourrait contraindre certaines organisations à cesser leurs activités à Gaza et en Cisjordanie dans un délai de 60 jours. Les chefs de la diplomatie mettent en garde contre des conséquences directes sur les services essentiels. En effet, si les opérations humanitaires internationales sont interrompues, un établissement de santé sur trois pourrait fermer à Gaza.
Fin novembre, quatorze organisations avaient déjà été interdites d’accès au territoire. Parmi elles figure Save the Children, présente de longue date dans la bande de Gaza, où elle apporte une aide à environ 120 000 enfants.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre, après une guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en territoire israélien.
Dans leur communiqué, les dix ministres saluent les « avancées importantes » réalisées pour mettre fin aux violences. Ils appellent néanmoins le Hamas à déposer les armes, à renoncer à la violence et à procéder sans délai à la restitution de la dépouille du dernier otage décédé.

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